À la prison de Bois-d’Arcy, un prévenu affirme avoir subi des violences et menaces de la part de codétenus et de surveillants. Une enquête pénale a été ouverte par le parquet de Versailles, sur fond de surpopulation carcérale et de climat explosif.

Un centre pénitentiaire déjà sous tension
La maison d’arrêt de Bois-d’Arcy (Yvelines), déjà marquée par la mort d’un détenu en mai dernier, se retrouve de nouveau au cœur d’une polémique. Selon les informations de France Info, Mohamed, un prévenu incarcéré dans l’attente de son procès, accuse à la fois des surveillants et des codétenus de violences répétées et menaces de mort.
Avec son avocat, il a déposé plainte le 16 juillet pour violences volontaires aggravées, complicité, non-assistance à personne en danger et traitements inhumains et dégradants. Le parquet de Versailles a confirmé l’ouverture d’une enquête pénale le 30 juillet.
Des accusations graves
Dans sa plainte, Mohamed, âgé d’une vingtaine d’années, décrit des agressions physiques et psychologiques, documentées par des photos prises clandestinement avec un téléphone portable. Il affirme avoir été frappé par des surveillants, aspergé de désinfectant dans les yeux, visé par un pistolet à impulsion électrique, livré à des codétenus violents dans les douches.
Le 1er août, il dit avoir subi un viol à l’aide de protoxyde d’azote, imputant les faits à des surveillants. Son avocat, Rudy Albina, dénonce une escalade : « Plus Mohamed dénonce, plus les violences s’intensifient ».
Mise sous protection mais violences persistantes
Alertée, l’administration pénitentiaire a placé Mohamed sous régime de protection : aile réservée aux détenus vulnérables, promenades et douches en isolement, accompagnement permanent. Mais malgré ces mesures, le plaignant affirme avoir subi de nouvelles agressions début août.
Des témoignages collectifs sur un « climat de violences »
Le cas de Mohamed intervient alors qu’une vingtaine de détenus de Bois-d’Arcy ont saisi le tribunal administratif le 29 juillet pour dénoncer un « climat de violence généralisée ». Ils évoquent insultes, réveils nocturnes, refus arbitraires de douche et menaces. Leur requête a été rejetée, faute de caractère urgent.
Pour l’Observatoire international des prisons (OIP), qui s’est associé à la procédure, la situation dépasse les cas individuels. « Il existe un climat de violences généralisées », affirme Matthieu Quinquis, avocat et président de l’OIP.
Une prison surpeuplée à 205 %
Avec 979 détenus pour 472 places au 1er juin, Bois-d’Arcy figure parmi les établissements les plus saturés de France. Début août, 106 cellules étaient occupées par trois détenus chacune, et 18 matelas installés au sol.
Les syndicats reconnaissent l’existence de tensions liées à la surpopulation et au manque de moyens, mais contestent les accusations de violences commises par les surveillants, évoquant tout au plus des cas isolés.
La réponse de l’administration pénitentiaire
Contactée, l’administration rappelle que tout fait susceptible de constituer une infraction est signalé au procureur et que des sanctions peuvent aller jusqu’à la révocation des agents. Elle affirme poursuivre une politique de prévention et de réduction des violences.
Mohamed, lui, a demandé sa remise en liberté, refusée par le juge. Il a fait appel et attend une décision prévue mercredi.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.








Qu’il demande Ă ĂŞtre transfĂ©rĂ© d’accord, mais pas libĂ©rĂ© !!
Il ne faut pas exagĂ©rer….