À Stains, une maison close clandestine a été de nouveau fermée après un important coup de filet. Quatre personnes, dont une mère maquerelle paraguayenne et les propriétaires du pavillon, sont mises en examen pour proxénétisme aggravé.

Une maison close déjà connue des enquêteurs
Le pavillon de la rue Bege, à Stains (Seine-Saint-Denis), a de nouveau été scellé par la justice. Ce logement discret, transformé en maison close clandestine, avait déjà fait l’objet d’une fermeture en 2024, avant de rouvrir ses portes quelques mois plus tard.
Le 1er octobre 2025, selon Le Parisien, quatre personnes — deux femmes et deux hommes âgés de 20 à 67 ans — ont été déférées au parquet de Bobigny pour des faits de proxénétisme aggravé. Parmi eux, une femme paraguayenne de 36 ans, présentée comme la « mère maquerelle », son homme de main, ainsi que les deux propriétaires du pavillon, soupçonnés d’avoir toléré ou facilité l’exploitation sexuelle des lieux.
Selon les estimations des enquêteurs, dix femmes, âgées de 20 à 42 ans, y exerçaient la prostitution. En un mois à peine, l’activité aurait généré un chiffre d’affaires de 160 000 euros. Le pavillon, évalué à 210 000 euros, a été saisi par le ministère de la Justice.
Les riverains excédés par les allées et venues
Dans ce quartier pavillonnaire habituellement tranquille, les habitants espèrent retrouver enfin la sérénité.
« Ils venaient à pied devant la maison et attendaient avant de rentrer, raconte une riveraine. Il y avait sans cesse des voitures qui amenaient ou récupéraient les filles. C’était devenu gênant pour tout le monde. »
Selon plusieurs voisins, la maison avait été rénovée mais jamais habitée par ses propriétaires, laissant place à une fréquentation continue d’hommes à toute heure du jour et de la nuit.
Une récidive déjà surveillée par la police
L’affaire a débuté fin 2024, lorsque la brigade de répression du proxénétisme (BRP) a découvert que le pavillon rouvert était lié à un précédent dossier de prostitution. En juillet 2024, sept suspects avaient déjà été arrêtés.
Soupçonnant une reprise d’activité, les enquêteurs ont discrètement remis les lieux sous surveillance. Entre le 29 et le 30 septembre 2025, un nouveau coup de filet a été lancé, permettant l’interpellation des quatre suspects principaux. Les propriétaires ont été arrêtés à Saint-Denis avant d’être entendus par la PJ de Paris, porte de Clichy.
Un réseau bien organisé et des flux financiers vers le Paraguay
Les auditions ont permis de mettre en lumière un fonctionnement structuré.
Le rez-de-chaussée était occupé par des prostituées dites « indépendantes », gérant leurs annonces et leur clientèle via Internet.
L’étage, lui, était réservé à des femmes placées sous la coupe de Sonia, la proxénète présumée, qui leur imposait un loyer mensuel de 300 à 600 euros, tout en détournant les fonds à son profit.
Interrogée, Sonia a reconnu les faits, admettant également s’être prostituée. Son complice, Silver, chargé de la sécurité et des transferts d’argent, aurait organisé l’envoi de 32 000 euros en un an vers le Paraguay, via Western Union.
Les propriétaires poursuivis pour « proxénétisme hôtelier »
Les deux propriétaires, un dessinateur industriel et une retraitée d’origine camerounaise, assurent avoir engagé une procédure d’expulsion contre les occupants. Mais les enquêteurs estiment qu’ils étaient informés de l’activité illégale et ont tardé à réagir, maintenant l’eau et l’électricité dans la maison.
La justice les considère donc comme proxénètes hôteliers, c’est-à -dire des propriétaires tirant profit, même indirectement, d’une activité de prostitution exercée dans leur bien immobilier.
Les quatre prévenus ont été présentés devant le tribunal correctionnel de Bobigny. Leur procès a été renvoyé, et ils ont été placés en détention provisoire dans l’attente d’une nouvelle audience prévue d’ici six semaines.
Un phénomène en expansion
Selon la police judiciaire, les réseaux étrangers représentent près de la moitié des affaires de proxénétisme traitées en France.
Les Paraguayens, déjà implantés en Espagne depuis une quinzaine d’années, seraient aujourd’hui à l’origine de plus de 20 % des réseaux actifs sur le territoire français, souvent via des « sex tours » organisés pour maximiser leurs profits.
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FĂ©licitations Ă nos FDO pour ces arrestations et la fermeture de cette maison….
À notre époque, je trouve ça lamentable, honteux