Le parquet de Tarascon a classé sans suite l’enquête ouverte après la mort d’Yvan Colonna, estimant qu’aucune infraction n’avait été commise par l’administration pénitentiaire. La procédure avait été lancée à la suite du signalement de deux députés corses évoquant d’éventuels dysfonctionnements à la prison d’Arles.

Aucune infraction retenue contre l’administration pénitentiaire
Le parquet de Tarascon a annoncé avoir classé sans suite l’enquête préliminaire ouverte en 2023 à la suite du signalement de deux députés corses concernant de possibles fautes de l’administration pénitentiaire après la mort d’Yvan Colonna.
Cette décision, comme le rapporte Le Parisien, a été prise au début du mois d’octobre 2025, a confirmé le procureur de la République, Laurent Gumbau, précisant qu’« il n’y a pas eu d’infraction » de la part des personnels de l’administration.
Une enquête ouverte après un signalement parlementaire
L’enquête avait été ouverte en 2023, après une lettre adressée au parquet par Jean-Félix Acquaviva (Liot) et Laurent Marcangeli (Horizons), alors président et rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur l’agression mortelle du militant indépendantiste corse.
Les deux élus avaient saisi la justice au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, estimant qu’il pouvait exister des éléments constitutifs d’une infraction, notamment en lien avec une éventuelle suppression de données informatiques dans les systèmes de l’administration pénitentiaire.
L’enquête avait été confiée à la police judiciaire de Marseille pour vérifier d’éventuelles irrégularités dans le logiciel Genesis, utilisé pour le suivi des détenus.
Aucun effacement ou dysfonctionnement établi
Le procureur de Tarascon a indiqué qu’après des vérifications techniques approfondies, « aucune suppression ou malversation de données » n’a été constatée dans le logiciel interne de gestion des détenus.
Les investigations n’ont pas davantage mis en évidence de défaillance manifeste dans le suivi du détenu Franck Elong Abé, auteur de l’agression mortelle.
Un changement de comportement signalé avant l’agression
Lors des travaux parlementaires, une surveillante de la maison d’arrêt d’Arles avait déclaré avoir signalé à plusieurs reprises dans le logiciel interne un « changement d’attitude » de Franck Elong Abé avant l’agression.
Les députés avaient estimé que ces alertes n’avaient pas été suffisamment prises en compte par la hiérarchie.
Cependant, selon le parquet, aucun élément ne permet d’établir une faute de l’administration qui aurait pu laisser présager un passage à l’acte du détenu.
Rappel des faits
Le 2 mars 2022, Yvan Colonna, condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour l’assassinat du préfet Claude Érignac à Ajaccio en 1998, avait été violemment agressé dans la salle de sport de la maison d’arrêt d’Arles par Franck Elong Abé, un détenu radicalisé.
Plongé dans le coma, Yvan Colonna était décédé le 21 mars 2022 à l’hôpital de Marseille.
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