Delphine Pinto condamnée à 30 ans de prison pour avoir commandité le meurtre de son mari en 2021 dans l’Oise. Retour sur un verdict rendu peu avant minuit.

Affaire Pinto-Piel : 30 ans de réclusion pour la femme qui a commandité le meurtre de son mari dans l’Oise
Dans la nuit du 12 au 13 juin 2026, la cour d’assises spéciale de l’Oise a rendu son verdict dans l’un des dossiers criminels les plus complexes de ces dernières années. Delphine Pinto, 48 ans, a été reconnue coupable d’avoir organisé le meurtre de son mari Jean-Christophe Piel en 2021. Elle écope de 30 ans de réclusion criminelle, malgré ses dénégations jusqu’au bout.
Un verdict rendu peu avant minuit
Les délibérations ont duré près de cinq heures. La salle d’audience était encore comble lorsque le président a prononcé la peine, aux alentours de minuit. Le verdict est tombé au terme d’un procès de plus de deux semaines, ouvert le 29 mai, qui avait tenu en haleine l’opinion publique par la noirceur des faits et la personnalité trouble de la principale accusée, relate BFMTV.
L’avocat général avait requis la perpétuité pour Delphine Pinto et son amant Yassine Zekri, assorti d’une peine de sûreté de 22 ans chacun. La cour a finalement opté pour 30 ans de réclusion criminelle pour chacun d’eux, avec une peine de sûreté des deux tiers pour Zekri.
Un mari abattu d’une balle dans la nuque
Le 6 août 2021, Jean-Christophe Piel, kinésithérapeute âgé de 41 ans, est assassiné d’une balle tirée dans la nuque. L’enquête révèle rapidement qu’il s’agit d’un meurtre commandité, perpétré en bande organisée. Yassine Zekri, amant de Delphine Pinto, est identifié comme le tireur. Trois autres personnes sont également mises en cause pour leur rôle dans la logistique du crime.
Au total, cinq personnes ont été jugées. Outre Pinto et Zekri, deux autres hommes ont été condamnés : l’un à 16 ans de réclusion pour avoir facilité le passage à l’acte, l’autre à 10 ans pour avoir fourni l’arme du crime — ce dernier étant en état de récidive légale. Le fils de Delphine Pinto, né d’une précédente union et présenté comme fortement influencé par sa mère, a quant à lui été acquitté, malgré les réquisitions de quatre ans ferme à son encontre.
“Je n’ai rien à voir avec le décès de Jean-Christophe”
Jusqu’aux dernières minutes du procès, Delphine Pinto a nié toute implication directe dans le meurtre. D’une voix à peine audible, elle a répété dans ses dernières déclarations : “Je n’ai rien à voir avec le décès de Jean-Christophe.” Yassine Zekri a lui aussi clamé son innocence.
Pourtant, dès le mercredi de la semaine précédente, Delphine Pinto avait admis avoir pu “souhaiter” la mort de son mari — avec qui elle était en instance de divorce — et avoir exprimé ce souhait à son amant. Une confession partielle qui a pesé lourd dans les débats.
La défense avait plaidé l’acquittement des deux principaux accusés, s’appuyant sur l’absence d’éléments matériels : aucune trace ADN, aucune arme retrouvée, aucun témoin direct du meurtre, aucun aveu sur les faits eux-mêmes.
Un dossier alourdi par un passé judiciaire chargé
L’affaire présentait une dimension supplémentaire, particulièrement sensible. Une semaine avant son assassinat, Jean-Christophe Piel avait bénéficié d’une ordonnance de non-lieu concernant de graves accusations portées par son épouse : violences conjugales et agression sexuelle sur l’une de leurs deux filles. Il était également mis en cause pour des faits similaires par deux autres enfants de Delphine Pinto, issus d’une précédente relation mais qu’il avait adoptés. Sa mort avait mis fin à ces poursuites, faute de charges suffisamment établies.
Durant les audiences, Delphine Pinto a aussi reconnu être “mythomane”. Elle se présentait comme avocate auprès de son entourage et comptait déjà des condamnations pour escroquerie et usurpation d’identité. Plusieurs témoins l’ont décrite comme une personnalité menaçante et manipulatrice. La mère de Jean-Christophe Piel a confié devant la cour : “Je savais qu’on allait le tuer” s’il la quittait.
Des appels attendus, une famille soulagée
La cour a également prononcé le retrait de l’autorité parentale de Delphine Pinto sur ses deux jeunes filles. Son avocat, Me Arnaud Ledru, a qualifié la peine de “assez sévère” et décrit cette mesure comme “le plus grand des crève-cœur” pour sa cliente. Des recours en appel sont envisagés par plusieurs avocats de la défense.
Du côté des proches de Jean-Christophe Piel, le verdict a été accueilli avec soulagement. Plusieurs de leurs avocats ont exprimé à l’AFP la satisfaction de leurs clients, estimant que la justice avait rendu une décision “juste”.
(Merci Rudy van Cappellen)
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