Le maire de Béziers Robert Ménard fait l’objet d’une plainte pour diffamation après avoir publiquement confondu “vol avec violence” et “viol en réunion” à la télévision.

Béziers : Robert Ménard visé par une plainte pour diffamation après ses déclarations sur les condamnations d’un ressortissant algérien
L’affaire du mariage refusé en 2023 connaît un nouveau rebondissement judiciaire. L’homme dont le maire de Béziers avait refusé de célébrer l’union avec sa compagne française a déposé une plainte pénale pour diffamation publique, après des déclarations télévisées jugées erronées sur son casier judiciaire.
Une plainte adressée au parquet de Montpellier
C’est par la voix de son avocate, Maître Vanessa Edberg, qu’un ressortissant algérien de 25 ans a officiellement engagé des poursuites contre Robert Ménard, maire de Béziers, pour diffamation publique, relate Le Parisien. La plainte a été transmise au procureur de la République de Montpellier.
L’affaire remonte à 2023, lorsque l’édile avait refusé de procéder à la célébration du mariage de cet homme, alors visé par une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Ce refus, largement médiatisé, avait relancé le débat national sur les pouvoirs des maires en matière d’état civil et sur la gestion de l’immigration irrégulière.
Des déclarations télévisées au cœur du litige
La plainte s’appuie sur deux interventions publiques de Robert Ménard diffusées à la télévision. Sur CNews, l’élu avait justifié son refus en affirmant avoir eu affaire à « un type en situation illégale, qui a une OQTF et qui a été condamné à de la prison pour des viols en réunion ». Sur le plateau de BFMTV, il avait précisé que la condamnation portait sur « huit mois de prison pour des viols avec violences ».
Or, selon les pièces du dossier citées par Maître Edberg, ces qualifications sont inexactes. Le jugement rendu en septembre 2021 porte sur un « vol avec violence ayant entraîné une incapacité totale de travail n’excédant pas huit jours » ainsi que sur des faits d’« escroquerie ». La peine prononcée — huit mois d’emprisonnement avec sursis intégral — n’a jamais été exécutée en détention.
« Aucune infraction sexuelle » au casier
L’avocate est catégorique : « aucune condamnation pour viol, viol en réunion, agression sexuelle ou toute autre infraction sexuelle n’apparaît » dans le dossier de son client. La confusion entre « vol avec violence » et « viol avec violence » — deux infractions de nature radicalement différente — constitue, selon elle, le fondement de la diffamation.
Maître Edberg dénonce une atteinte grave à la réputation de son client, dont l’image aurait été « publiquement dégradée auprès de millions de téléspectateurs et d’internautes ». Elle demande au parquet d’engager des poursuites à l’encontre de l’élu.
Robert Ménard déjà convoqué au tribunal
Cette nouvelle procédure s’ajoute à celle déjà en cours contre le maire de Béziers. Pour avoir refusé de célébrer le mariage, Robert Ménard, 72 ans, sera jugé le 30 septembre prochain devant le tribunal judiciaire de Montpellier. Il est poursuivi pour avoir, dans l’exercice de ses fonctions, pris des mesures faisant obstacle à l’exécution de la loi.
Les peines encourues sont lourdes : jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, 75 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité. Une perspective d’autant plus significative pour un élu qui vient d’être facilement réélu pour un troisième mandat lors des municipales de mars dernier.
Un dénouement précipité pour le couple
Deux semaines après la cérémonie avortée et l’embrasement médiatique qui avait suivi, le jeune homme avait été expulsé vers l’Algérie. Sa compagne française, avec qui il souhaitait se marier, s’était retrouvée seule face à l’engrenage administratif et judiciaire. L’affaire illustre les tensions persistantes entre le droit au mariage, le droit des étrangers et le pouvoir discrétionnaire — ou ses limites — des officiers d’état civil.
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