Le ministre de la Justice Gérald Darmanin veut replacer les victimes au cœur du système judiciaire. Une nouvelle instruction prévoit qu’elles soient systématiquement informées lorsque leur agresseur sort de prison. Le ministre annonce aussi une peine minimale d’un an de prison pour toute agression contre un agent public.

Une nouvelle instruction pour « remettre les victimes au centre »
Lors d’un entretien diffusé mardi soir sur LCI, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a annoncé une mesure inédite : désormais, les victimes seront notifiées lorsque leur agresseur sortira de prison, rapporte Le Figaro.
Cette disposition, issue d’une instruction ministérielle qui entrera en vigueur dès lundi prochain, vise à « replacer les victimes au centre du système judiciaire », selon le ministre.
« Les victimes sont les grands oubliés de l’action publique », a déclaré Gérald Darmanin, soulignant sa volonté de « changer totalement le paradigme du ministère de la Justice ».
« Au lieu de mettre l’accusé au centre, nous allons mettre la victime au centre. »
Une réforme axée sur la protection et l’information des victimes
Cette instruction prévoit notamment que toute victime puisse être reçue à sa demande par les instances judiciaires, et qu’elle soit informée de la libération ou des aménagements de peine de la personne condamnée.
Le garde des Sceaux a cité l’exemple des victimes de viol, pour qui il est, selon lui, « normal de savoir quand la personne sort de prison ».
Cette évolution s’inscrit dans une série de réformes portées par Gérald Darmanin depuis sa prise de fonctions, cherchant à rétablir la confiance entre la justice et les citoyens.
Une « peine minimale » pour les agressions contre les agents publics
Le ministre a également détaillé son projet de loi prévoyant une peine plancher d’un an de prison ferme pour toute agression commise à l’encontre d’une personne dépositaire de l’autorité publique — policiers, gendarmes, pompiers ou encore agents pénitentiaires.
« Aujourd’hui, le minimum, c’est zéro. Demain, le minimum, ce sera un an de prison ferme, même sans récidive, dès le premier fait », a insisté le garde des Sceaux.
Il espère une adoption du texte au Parlement dès le début de l’année 2026.
Un seul sursis possible avant la prison ferme
Autre axe de la réforme : la limitation du recours au sursis.
Gérald Darmanin souhaite que chaque individu ne puisse bénéficier que d’un seul sursis avant l’exécution automatique d’une peine ferme.
« Les gens auront un seul sursis. Au deuxième, c’est directement la case prison ou l’application d’une peine de substitution, comme un travail d’intérêt général », a-t-il expliqué.
Cette mesure vise à renforcer la crédibilité de la justice et à lutter contre les multirécidivistes, souvent perçus comme bénéficiant d’une trop grande clémence judiciaire.
Un discours politique plus large
En conclusion de son entretien, Gérald Darmanin a également livré une réflexion plus politique, appelant la majorité à « corriger ses excès » et à faire preuve « d’humilité ».
Selon lui, si les responsables politiques ne parviennent pas à renouer avec les préoccupations concrètes des Français, ils risquent de laisser le champ libre aux extrêmes lors de la présidentielle de 2027.
« Si nous ne corrigeons pas nos erreurs, nous courons le danger d’être éliminés de la vie politique et de laisser le choix entre l’extrême droite et l’extrême gauche », a averti le ministre.
(Merci Fabrice Guérault)
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