Selon son rapport annuel publié le 15 octobre, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de 914 enquêtes judiciaires en 2024, le chiffre le plus bas depuis dix ans. Les plaintes pour usage excessif de la force et les atteintes à la probité sont en baisse, tandis que les décès en mission de police ont augmenté.

Un recul inédit du nombre d’enquêtes judiciaires
C’est une tendance que la “police des polices” qualifie de rare. Dans son rapport annuel 2024, publié ce mercredi 15 octobre, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) fait état de 914 enquêtes judiciaires ouvertes au cours de l’année écoulée.
Ce chiffre, en recul par rapport à 2023 (943 enquêtes), représente le niveau le plus bas enregistré depuis dix ans, loin du pic de 2019 ou des 943 dossiers recensés l’an dernier.
Près de la moitié des enquêtes (45%) concernent des usages de la force par des policiers — soit 428 dossiers, contre 519 en 2023. En comparaison, le plus bas niveau observé depuis 2015 s’établissait à 411 saisines.
Plus de tirs recensés, mais aucun mort lié à un véhicule
Les enquêtes judiciaires impliquant l’usage d’armes à feu ont, elles, légèrement augmenté : 38 cas en 2024, contre 21 l’année précédente.
L’IGPN relève également 16 décès survenus dans le cadre d’une mission de police (contre 6 en 2023) et 68 blessés graves, en baisse par rapport aux 104 cas recensés l’an passé.
« Dans la très grande majorité des situations, l’usage de l’arme individuelle s’inscrit en riposte à un individu menaçant ou armé », précise le rapport.
Fait notable : aucun tir mortel contre un véhicule en mouvement n’a été recensé en 2024, alors que trois cas avaient été signalés en 2023.
Moins d’enquêtes pour corruption et atteintes à la probité
L’IGPN observe également une diminution des dossiers liés à la probité des agents. En 2024, 685 policiers ont été entendus en qualité de suspects, contre 795 en 2023.
Le rapport mentionne 24 affaires de corruption active et 42 de corruption passive, soit une hausse modérée par rapport à l’année précédente (26 et 23 respectivement).
Les violations du secret professionnel demeurent toutefois fréquentes avec 93 saisines, tout comme les détournements de fichiers policiers (76 enquêtes ouvertes).
85 policiers renvoyés devant un conseil de discipline
Au total, l’IGPN a proposé en 2024 le renvoi de 85 fonctionnaires devant un conseil de discipline, et a émis 90 propositions de sanctions, allant du blâme à l’exclusion temporaire.
Ce rapport, consulté par plusieurs médias dont BFMTV, dresse un tableau nuancé : moins de saisines globales, mais davantage de faits graves ayant entraîné des décès ou des blessures.
Une évolution que l’institution souhaite analyser en profondeur pour « mieux comprendre les situations de tension sur le terrain ».
(Merci Yann Bourguignon)
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