La cour d’appel de Paris a annulé une affaire de trafic de cocaïne entre la Martinique et l’Hexagone : huit prévenus relaxés à cause d’une irrégularité de procédure.

Une affaire de trafic de drogue annulée par la justice
Lundi 20 octobre 2025, selon les informations de France Info, la cour d’appel de Paris a confirmé l’annulation d’une importante affaire de trafic de cocaïne entre la Martinique et la métropole. Huit personnes poursuivies pour le transport de plusieurs dizaines de kilos de stupéfiants ont été définitivement relaxées.
Leur argent, placé sous scellés durant l’enquête, leur a été restitué.
« Plus jamais, bien sûr ! », lance Lucia*, 29 ans, un sourire soulagé aux lèvres, à sa sortie de la salle d’audience.
Un réseau entre la Martinique et l’Hexagone
L’enquête, ouverte en 2024 à la suite d’un renseignement, visait un réseau de transport de cocaïne entre Fort-de-France et Paris.
Les investigations avaient permis d’identifier plusieurs voyages suspects effectués entre mars et juin 2024.
Le 25 juin, deux passeurs sont interpellés à l’aéroport d’Orly.
Dans leurs six valises, les policiers découvrent 36 kilos de cocaïne soigneusement dissimulés.
Les deux mules, ainsi que six autres personnes soupçonnées d’avoir participé à la logistique du trafic, sont placées en garde à vue puis mises en examen.
Une enquête fragilisée par une irrégularité
Pour retracer les déplacements des suspects, les enquêteurs avaient consulté les fichiers internes d’Air France afin d’obtenir les historiques de vols.
Mais un contrôle judiciaire a révélé que ces données avaient été consultées en dehors de la période autorisée par la réquisition officielle.
Un détail juridique lourd de conséquences : les juges ont estimé que l’ensemble de la procédure reposait sur ces données illégalement exploitées, rendant toutes les preuves inexploitables.
Le parquet renonce Ă poursuivre
En décembre 2024, le tribunal judiciaire d’Évry avait déjà prononcé la nullité de la procédure et ordonné la relaxe générale.
Le parquet avait fait appel, estimant que l’irrégularité relevée n’était « pas substantielle ».
Mais, contre toute attente, lors de l’audience du 20 octobre à Paris, le procureur a choisi de se désister de l’appel, confirmant ainsi la nullité du dossier.
« C’est extrêmement rare », souligne Me Laura Temin, avocate de Lucia, qui a passé trois mois en détention provisoire au début de l’affaire.
« Le procureur a fait preuve d’une honnêteté intellectuelle remarquable. Cette décision rappelle qu’en France, les droits de la défense et les garanties procédurales restent essentiels. »
Des vies bouleversées, mais un avenir à reconstruire
Pour les huit prévenus, cette décision marque la fin d’un long parcours judiciaire.
Lucia, aujourd’hui en formation de coiffure, confie vouloir « tourner la page et se concentrer sur l’avenir ».
Avant de lever l’audience, la présidente de la cour d’appel a adressé un dernier message aux prévenus :
« On vous recommande de faire autre chose de votre vie. »
*Le prénom a été modifié.
Cette affaire, emblématique des limites de certaines pratiques d’enquête, rappelle qu’en matière pénale, la rigueur procédurale reste une garantie fondamentale. Même face à des faits graves, une irrégularité peut suffire à faire basculer tout un dossier.
(Merci Yann Bourguignon)
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