Face à une crise institutionnelle sans précédent, le syndicat Alliance-Police nationale affirme que la police n’a plus les moyens de protéger efficacement les Français et appelle à un électrochoc national.

Un avertissement sans précédent du premier syndicat de police
Selon les informations de Paris Match, dans un contexte de tensions politiques et de crise de confiance envers les institutions, Fabien Vanhemelryck, secrétaire général du syndicat Alliance-Police nationale, dresse un constat alarmant : selon lui, la police nationale n’est plus en capacité d’assurer pleinement la sécurité des Français. Il évoque une institution « à bout de souffle », confrontée à une montée historique de la délinquance et à un effondrement progressif de ses moyens humains et matériels.
Des effectifs insuffisants face à une délinquance en forte hausse
Depuis les années 1960, la délinquance aurait augmenté de 400 %, tandis que les moyens de la police resteraient quasiment constants. Les effectifs diminuent, le matériel serait obsolète, et les budgets ne suivent plus les besoins opérationnels. Selon Fabien Vanhemelryck, les décisions seraient prises « par des technocrates déconnectés du terrain », ce qui aggraverait les conditions de travail des policiers.
Des tensions accrues après les Jeux Olympiques
Le syndicat rappelle que le succès sécuritaire des Jeux Olympiques n’a été possible qu’au prix d’un engagement maximal des forces de l’ordre, avec des congés supprimés et des services saturés. Pour Fabien Vanhemelryck, cette démonstration prouve qu’avec davantage de moyens, la police peut réussir pleinement ses missions — mais qu’en l’état actuel, elle fonctionne déjà « au bord de la rupture ».
Violences contre les policiers : une explosion de l’impunité
Le syndicat dénonce également une hausse inquiétante des violences visant les agents, accompagnée, selon lui, d’un taux d’exécution des peines très faible. Malgré une peine théorique de trois ans de prison, les auteurs de ces agressions écoperaient en moyenne de huit mois, rarement effectués. « Pendant que les agresseurs dorment chez eux, nos collègues, eux, dorment avec la peur », affirme-t-il.
Immigration, OQTF et centres de rétention : des chiffres alarmants
Selon Alliance-Police nationale, la France prononce 128 000 obligations de quitter le territoire (OQTF) chaque année, pour seulement 5 600 expulsions effectives. Les centres de rétention administrative seraient saturés, faute de places et de personnels. Près de 800 postes de policiers manqueraient pour assurer les missions de contrôle et de reconduite à la frontière.
Police judiciaire et justice en crise de moyens
La machine judiciaire serait elle aussi « paralysée » : trois millions de dossiers en attente, 3,5 millions de nouvelles procédures chaque année, et 80 % classées sans suite faute de ressources. Les enquêteurs travailleraient avec des outils informatiques obsolètes, parfois âgés de plus de quinze ans.
Un « appel au secours » pour sauver le système
Au terme de son analyse, Fabien Vanhemelryck ne parle plus de colère mais de « détresse ». Selon lui, si un plan d’urgence n’est pas lancé rapidement, c’est l’ensemble du système de sécurité intérieure qui risque l’effondrement :
« Nous ne demandons pas des privilèges. Nous demandons simplement les moyens de protéger la population. L’avenir de la police, et donc celui du pays, se joue maintenant. »
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