Le tribunal administratif de Marseille suspend la décision du maire d’annuler la projection du documentaire Sacré-Cœur, relançant une vive polémique sur la laïcité et la liberté culturelle.

Le tribunal administratif annule la décision municipale
Le bras de fer autour du documentaire Sacré-Cœur a pris un tournant décisif, comme le relate Cnews. Saisi en urgence, le tribunal administratif de Marseille a suspendu, ce samedi, la décision du maire socialiste, Benoît Payan, qui avait ordonné la déprogrammation du film une heure avant sa projection au château de La Buzine, le 22 octobre. Cette annulation avait été motivée par un prétendu manquement au principe de laïcité dans ce lieu appartenant à la Ville.
Dans son communiqué, le tribunal précise :
« Il est enjoint au maire de Marseille d’autoriser la projection du film Sacré-Cœur au cinéma du château de La Buzine jusqu’au 28 octobre 2025 ».
Cette décision remet en cause la légalité de l’intervention municipale et rétablit la liberté de diffusion du film dans cet espace culturel emblématique, ancien domaine de Marcel Pagnol.
Une décision municipale contestée dès le départ
Le maire de Marseille avait défendu son choix en invoquant un risque de confusion entre expression religieuse et espace public laïque. Interrogé à la télévision, Benoît Payan a déclaré :
« La justice a tranché, je m’y conforme. Mon rôle est de respecter la loi ».
Mais cette décision avait immédiatement suscité de vives critiques, tant de figures politiques que d’élus locaux :
Valérie Boyer, sénatrice LR, a dénoncé une atteinte à la liberté culturelle, rappelant que « Marseille a accueilli le Pape, mais c’est un film documentaire qui est censuré ». Sylvain Souvestre, maire des 11ᵉ et 12ᵉ arrondissements, a exprimé son incompréhension face à l’argument de la laïcité « appliqué à une œuvre à vocation culturelle ».
Un film déjà censuré ailleurs
Ce n’est pas la première fois que Sacré-Cœur fait l’objet de restrictions. Quelques semaines avant cette affaire, les régies publicitaires de la RATP et de la SNCF avaient refusé d’afficher sa promotion, jugeant les visuels « trop confessionnels ».
Réalisé par Steven et Sabrina Gunnell, ce documentaire, sorti en salle le 1er octobre, explore les apparitions du Christ à Sainte Marguerite-Marie Alacoque au XVIIᵉ siècle, mêlant reconstitutions historiques et témoignages de religieux.
Un débat national sur la laïcité et la liberté culturelle
L’affaire soulève un débat de fond : la laïcité peut-elle justifier la censure d’une œuvre culturelle traitant de faits religieux ? Le tribunal a, pour l’heure, répondu par la négative, privilégiant la liberté d’expression artistique dans un lieu public dédié à la culture.
Cette suspension représente un revers pour la mairie et un signal fort adressé aux institutions publiques quant aux limites de la laïcité dans le champ culturel.

En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






