Quatre jeunes ont été mis en examen pour avoir incendié la mairie de Grand-Couronne, près de Rouen, dans la nuit du 15 au 16 septembre. Un acte criminel commis par vengeance après la mise en fourrière d’une motocross. Trois d’entre eux ont été placés en détention provisoire.

Un incendie criminel en pleine nuit
La nuit du 15 au 16 septembre a été marquée par un spectaculaire incendie dans le hall de la mairie de Grand-Couronne, en Seine-Maritime, près de Rouen. Malgré l’intervention rapide des sapeurs-pompiers, les flammes ont provoqué d’importants dégâts matériels, relate Le Dauphiné.
Dès les premières constatations, les enquêteurs ont retenu l’origine criminelle du sinistre : une porte avait été fracturée et deux foyers distincts avaient été déclenchés à l’intérieur du bâtiment, selon le parquet de Rouen.
Des bidons d’essence et une vengeance
Les investigations menées conjointement par la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCCOS) et la Division de la criminalité territoriale (DCT) de Rouen ont rapidement permis de remonter jusqu’aux auteurs présumés.
« Deux individus cagoulés et gantés, porteurs de bidons d’essence, se sont introduits dans la mairie pour y mettre le feu peu avant le déclenchement de l’alarme. Deux complices les attendaient dans une voiture stationnée à proximité », a précisé Pierre Gérard, procureur adjoint de Rouen.
Les suspects avaient fait le plein d’essence quelques heures avant les faits, dans une station-service de la région, à bord du même véhicule.
L’enquête a ensuite révélé le mobile : l’incendie aurait été commis par vengeance, après la mise en fourrière d’une moto-cross circulant illégalement sur la voie publique par la police municipale de Grand-Couronne, le jour même.
Quatre jeunes mis en examen
Selon le parquet, c’est le propriétaire de la moto, âgé d’une vingtaine d’années, qui aurait instigué cette expédition punitive.
« C’est pour se venger de cette procédure que les faits ont été commis », souligne le parquet de Rouen.
Les quatre jeunes hommes, âgés de 16 à 21 ans, ont été interpellés puis mis en examen pour « dégradation par incendie en raison de la qualité de personne chargée d’une mission de service public du propriétaire du bien », un crime passible de vingt ans de réclusion criminelle.
Seul l’un d’entre eux a reconnu sa participation lors des gardes à vue.
Trois suspects — âgés de 20, 21 ans et 17 ans au moment des faits — ont été placés en détention provisoire. Le plus jeune, âgé de 16 ans, a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de séjourner en Seine-Maritime.
Une attaque symbolique contre l’autorité publique
Cet incendie volontaire, visant un bâtiment public emblématique, a profondément choqué la commune de Grand-Couronne. Pour les enquêteurs, cet acte s’inscrit dans une tendance préoccupante d’attaques ciblant les institutions locales, souvent motivées par des représailles ou des frustrations personnelles.
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