À Mulhouse, une piñata géante en forme de voiture de police a été détruite lors d’un workshop à la HEAR. Le préfet saisit la justice, la maire alerte le procureur.

Mulhouse : une voiture de police en carton détruite à la HEAR, l’Intérieur dénonce des faits « inadmissibles »
Une mise en scène organisée jeudi soir à la Haute École des Arts du Rhin (HEAR), à Mulhouse, suscite une vague de réactions politiques et institutionnelles. Une piñata géante représentant une voiture de police y a été détruite, une séquence condamnée publiquement vendredi 30 janvier par le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, relate Le Parisien.
Une “performance” au centre des critiques
D’après la maire de Mulhouse, Michèle Lutz, les faits se sont déroulés lors d’un workshop ouvert au public organisé au sein de l’établissement. L’édile décrit une scène présentée comme une performance artistique, durant laquelle des étudiants auraient été invités à frapper, à coups de bâtons, une sculpture en carton représentant un véhicule de police, sous les réactions d’un public décrit comme festif.
La maire juge la mise en scène « choquante » et estime que la liberté d’expression, y compris artistique, « ne peut permettre et justifier tous les outrages ». Elle rappelle également que l’école est financée en grande partie par des fonds publics, dont ceux de la Ville.
Le ministre demande une saisine de la justice
Sur le réseau social X, Laurent Nuñez a condamné vendredi 30 janvier ce qu’il qualifie de « faits franchement inadmissibles ». Il estime que l’épisode est d’autant plus choquant qu’il aurait été commis par des étudiants au sein d’une école publique.
Dans son message, il affirme avoir demandé au préfet du Haut-Rhin de saisir la justice « pour déterminer les responsabilités », évoquant ce qu’il présente comme une « idéologie anti-flics » qu’il ne faudrait pas « laisser passer ».
Signalement au procureur et procédure au titre de l’article 40
Michèle Lutz indique avoir convoqué le directeur de l’établissement afin de lui signifier sa « totale désapprobation ». Elle précise aussi que le sous-préfet de Mulhouse s’est rendu sur place.
La maire annonce par ailleurs avoir effectué un signalement auprès du procureur de la République au titre de l’article 40 du code pénal, qui prévoit l’obligation, pour une autorité publique, de signaler sans délai au parquet tout crime ou délit porté à sa connaissance dans l’exercice de ses fonctions. Il appartient ensuite au procureur d’apprécier la suite à donner.
La préfecture dénonce des “messages” visant la police
Dans un communiqué, le préfet du Haut-Rhin, Emmanuel Aubry, dénonce des « attaques indignes » à l’encontre de la police nationale. Selon la préfecture, au-delà de la destruction de la sculpture, des élèves auraient lu des messages « déshonorant l’action des policiers ».
Le préfet évoque un « triste épisode » et indique avoir saisi la justice. Il dit vouloir réaffirmer son soutien à la police républicaine, engagée dans des missions jugées difficiles au service de la sécurité de la population.
Réactions politiques et syndicales au-delà du Haut-Rhin
La séquence a également suscité des réactions dans le champ politique. Christelle Ritz, tête de liste RN pour les municipales à Mulhouse, a condamné l’événement sur X, disant rejoindre la fermeté exprimée par la maire.
Bruno Retailleau, président des Républicains, a lui aussi réagi en partageant une vidéo de la scène sur son compte X. Il dénonce ce qu’il qualifie d’« idéologie d’extrême gauche » et insiste sur le fait que l’école serait financée par de l’argent public.
De son côté, le Syndicat des cadres de la sécurité intérieure (SCSI) estime que la banalisation d’une haine anti-forces de l’ordre serait indigne d’un établissement financé par des fonds publics.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







