Dans le Val-de-Marne, un médecin de 79 ans raconte avoir passé 24 heures en garde à vue après avoir refusé une réquisition pour un certificat de décès. Il conteste la procédure, a saisi le Défenseur des droits, et le parquet confirme une convocation.

Garde à vue après une réquisition refusée : le récit d’un médecin de 79 ans dans le Val-de-Marne
À Chennevières-sur-Marne, un généraliste de 79 ans affirme avoir été placé 24 heures en garde à vue après avoir décliné une réquisition téléphonique pour établir un certificat de décès, relate Le Parisien. Il dénonce une mesure disproportionnée, conteste la régularité de la procédure et a saisi le Défenseur des droits, tandis que le parquet de Créteil confirme sa convocation.
Un praticien en consultation, un appel au ton pressant
Le docteur Gabriel Terdjman, 79 ans, exerce comme médecin généraliste à Chennevières-sur-Marne (Val-de-Marne) depuis plusieurs décennies. Le mardi 5 janvier, alors que des conditions météo difficiles touchent le département et qu’une partie des médecins est en grève, il indique avoir maintenu ses consultations, avec une salle d’attente pleine.
Selon son récit, un appel provenant d’un numéro masqué survient en pleine activité. Son interlocuteur se présente comme appelant du commissariat et lui annonce une réquisition pour se déplacer afin d’établir un certificat de décès.
« Je n’ai pas de réquisition écrite » : les raisons avancées du refus
Le médecin explique avoir d’abord douté de l’authenticité de la demande, notamment en raison du numéro masqué et d’une présentation qu’il juge insuffisamment précise. Il dit avoir invoqué plusieurs motifs : son âge, son emploi du temps saturé, les conditions climatiques, l’absence de document écrit, et le fait d’avoir déjà établi un certificat de décès peu auparavant.
Il reconnaît un échange tendu, disant avoir subi des menaces de sanction en réponse à ses explications. Il affirme avoir finalement mis fin à l’appel en indiquant qu’il ne se déplacerait pas.
Une convocation au commissariat, puis un placement en garde Ă vue
Quarante-huit heures plus tard, le généraliste indique avoir reçu un nouvel appel, toujours masqué, l’enjoignant de se présenter au commissariat. Quelques jours après, une convocation lui parvient pour le 21 janvier à 15 heures, avec la mention d’un placement en garde à vue.
Le jour dit, il se rend au commissariat de Chennevières-sur-Marne. D’après lui, il est immédiatement placé en garde à vue : effets personnels retirés, photographie et relevé d’empreintes, puis conduite en cellule partagée.
Une nuit en cellule malgré l’audition
Le médecin rapporte avoir été auditionné plusieurs heures plus tard par un policier qu’il identifie comme étant l’interlocuteur de l’appel initial. Il décrit une audition correcte sur la forme, durant laquelle il explique n’avoir jamais voulu manquer de respect à la police, et avoir surtout mis en doute la réalité de la réquisition.
Il s’attend alors à sortir, mais on lui annonce que le procureur ne serait plus joignable en fin de journée, impliquant une nuit supplémentaire en cellule. Il affirme avoir vécu cette nuit difficilement, évoquant notamment le froid, la lumière allumée en continu et l’impossibilité de dormir, dans un contexte de problèmes cardiaques pour lesquels il serait suivi.
Les suites : convocation en octobre et contestation de la procédure
La garde à vue est levée le lendemain vers 15 heures, selon le praticien. Une convocation devant le délégué du procureur lui est remise pour le 20 octobre. Il indique qu’il lui est reproché à la fois le refus de répondre à la réquisition et des propos susceptibles de constituer un outrage à agent dépositaire de l’autorité publique, propos qu’il conteste ou replace dans le contexte d’un échange téléphonique conflictuel.
Autre point contesté : il dit avoir découvert sur un document une mention visant une officière de police judiciaire, alors qu’il affirme n’avoir échangé qu’avec une voix masculine. Il explique qu’on lui aurait indiqué qu’une policière était présente au moment de l’appel (haut-parleur), ce qu’il dit avoir appris après coup, et il affirme avoir refusé de signer.
Défenseur des droits saisi, parquet confirmé
Estimant la mesure disproportionnée au regard de son âge et de l’absence d’antécédents, le médecin dit vouloir faire valoir d’éventuelles irrégularités de procédure. Son avocate a saisi le Défenseur des droits, selon ses déclarations.
Contacté, le parquet de Créteil confirme le placement en garde à vue ainsi que la convocation du médecin, et précise qu’une suite par ordonnance pénale est envisagée, sans commentaire supplémentaire.
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