Non-lieu confirmé par la Cour de cassation dans l’affaire Adama Traoré : la procédure en France s’achève, la famille annonce une saisine de la CEDH, les réactions affluent.

Affaire Adama Traoré : le non-lieu confirmé en cassation, la famille annonce saisir la CEDH
Le 11 février 2026, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu rendu au bénéfice des trois gendarmes intervenus lors de l’interpellation d’Adama Traoré, décédé le 19 juillet 2016 à Beaumont-sur-Oise (Val-d’Oise). L’avocat de la famille a indiqué engager une démarche devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH).
Une affaire née d’une interpellation le 19 juillet 2016
Le 19 juillet 2016, à Beaumont-sur-Oise, Adama Traoré, alors âgé de 24 ans, est interpellé à la suite d’un contrôle d’identité. Les circonstances de l’intervention, puis le décès survenu plus tard dans la journée, ont donné lieu à une longue procédure judiciaire et à une forte mobilisation publique.
Dès l’origine, la famille a mis en cause l’intervention des gendarmes, estimant que l’interpellation aurait provoqué la mort du jeune homme. Les militaires, de leur côté, ont contesté toute responsabilité pénale et l’enquête a donné lieu à plusieurs étapes d’instruction.
Non-lieu, appel, puis cassation : les étapes de la procédure
Il y a près de trois ans, des juges d’instruction avaient prononcé un non-lieu, au motif qu’il n’existait pas, selon l’analyse judiciaire retenue à ce stade, de charges suffisantes pour caractériser une infraction imputable aux gendarmes mis en cause.
Ce non-lieu a ensuite été confirmé par la cour d’appel de Paris le 16 mai 2024. La famille avait formé un pourvoi en cassation et demandé notamment une nouvelle reconstitution des faits.
Le 11 février 2026, selon les informations du Monde, la Cour de cassation a confirmé le non-lieu et rejeté la demande de nouvelle reconstitution. En pratique, cette décision met fin au contentieux en France sur le plan pénal, tout en laissant ouverte la voie des recours internationaux annoncés par la famille.
La CEDH désormais dans le paysage judiciaire
À l’issue de la décision, l’avocat de la famille a annoncé une saisine de la Cour européenne des droits de l’Homme, afin de contester, sur le terrain des droits fondamentaux, la manière dont l’affaire a été traitée au niveau national.
Une procédure devant la CEDH ne rejuge pas l’affaire comme un tribunal pénal français, mais examine notamment si des droits protégés par la Convention européenne ont pu être méconnus (par exemple sur l’effectivité de l’enquête), selon les griefs qui seraient présentés.
Vives réactions politiques sur les réseaux sociaux
Cette affaire, suivie depuis 2016, continue de cliver le débat public. Après la confirmation du non-lieu, plusieurs responsables politiques ont réagi sur X, certains mettant en avant la nécessité de protéger l’honneur et la présomption d’innocence des forces de l’ordre, d’autres dénonçant une décision qu’ils jugent insatisfaisante au regard des attentes de la famille et des militants mobilisés.
Ces prises de position s’inscrivent dans un débat plus large, récurrent en France, sur la relation entre police/gendarmerie, contrôle de l’usage de la force et confiance dans l’institution judiciaire.
(Merci Yann Bourguignon)
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