En octobre 2025, un contrôle routier à Coulommiers révèle qu’un camion-benne roulait avec des plaques volées et un chauffeur positif au cannabis. Stupéfaction : le véhicule avait été dérobé vingt ans plus tôt. Jugé à Meaux, le conducteur absent écope de cinq mois de prison ferme.

Un camion volé vingt ans plus tôt au cœur d’une affaire jugée à Meaux
En octobre 2025, un banal contrôle routier à Coulommiers a conduit à une découverte saisissante : un camion-benne roulant sur les routes de Seine-et-Marne avait été dérobé deux décennies auparavant. Jugés au tribunal correctionnel de Meaux le 16 avril dernier, les deux hommes interpellés ont bénéficié d’une large relaxe, faute de preuve de leur implication dans le vol initial. Seul le conducteur, absent à l’audience, a été condamné à cinq mois d’emprisonnement ferme pour ses infractions routières.
Un contrôle ordinaire qui vire à la cascade de révélations
Par un après-midi d’octobre 2025, vers 14h45, des policiers en patrouille à Coulommiers repèrent un camion-benne à l’état de délabrement avancé, relate Le Pays briard. La rouille généralisée de la carrosserie interpelle les agents, qui décident dé contrôler le véhicule. Les vérifications d’usage s’enchaînent alors, chacune apportant son lot de surprises.
La plaque d’immatriculation ne correspond à aucun véhicule de ce type dans les fichiers. Le conducteur, prénommé Jean-Claude, présente des documents lacunaires : ni carte grise, ni attestation d’assurance, et surtout un permis de conduire suspendu. Le test salivaire auquel il est soumis sur place se révèle positif au cannabis.
Les investigations poussées par les policiers achèvent de dresser un tableau accablant : le camion-benne figure dans les bases de données nationales comme volé depuis une vingtaine d’années. Jean-Claude et son passager, Dominique, sont placés en garde à vue avant d’être remis en liberté avec une convocation à comparaître devant le tribunal correctionnel de Meaux.
Des casiers chargés, une défense difficile à tenir
À l’audience du jeudi 16 avril, Dominique se présente seul face à la juridiction. Jean-Claude, sans domicile fixe connu, ne répond pas à la convocation. La présidente du tribunal détaille les préventions retenues contre les deux hommes : recel de véhicule volé pour chacun d’eux, auxquels s’ajoutent, pour le seul conducteur, l’usurpation de plaques d’immatriculation, la circulation sans assurance, la conduite avec permis suspendu et la conduite sous l’emprise de stupéfiants.
Dominique conteste le chef de recel. Il affirme que le camion leur avait été confié gratuitement en vue d’une vente à la ferraille et qu’il accompagnait simplement son ami pour le convoyer jusqu’à une commune voisine. Une explication plausible, mais que son lourd passé judiciaire rend difficile à faire valoir : plusieurs condamnations antérieures et cinq mois de semi-liberté prononcés en août 2025 ternissent considérablement son crédit auprès du tribunal.
Du côté de Jean-Claude, le casier ne plaide pas davantage en sa faveur : pas moins de vingt-quatre mentions, couvrant des faits de vols, violences, outrages, menaces et participation à une association de malfaiteurs.
La justice tranche : relaxe partielle, mais prison ferme pour l’absent
Face à l’absence de preuve tangible établissant que les deux prévenus étaient mêlés au vol originel, commis il y a vingt ans, la représentante du parquet adopte une position mesurée. Elle requiert la relaxe totale pour Dominique et une relaxe partielle pour Jean-Claude, ne retenant à l’encontre de ce dernier que les infractions routières caractérisées : conduite sans permis valide et présence de stupéfiants dans l’organisme. Elle demande pour lui une peine comprise entre quatre et six mois d’emprisonnement.
Les magistrats suivent ce raisonnement et condamnent Jean-Claude à cinq mois de prison sans aménagement de peine. Dominique, lui, repart libre, blanchi sur la totalité des chefs retenus contre lui.
Reste désormais une question pratique : retrouver Jean-Claude pour lui notifier sa condamnation et en assurer l’exécution. Une tâche qui, au vu de sa situation de sans-abri, pourrait s’avérer aussi compliquée que toute cette affaire l’a été depuis le début.
(Merci Yann Bourguignon)
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






