Incarcéré à Osny pour trafic de stupéfiants, un jeune homme de 25 ans a fabriqué de faux certificats de naissance pour simuler une paternité et obtenir sa libération conditionnelle. Jugé à Pontoise, il écope d’un an de prison supplémentaire pour faux et escroquerie.

Un détenu invente un bébé pour obtenir sa liberté conditionnelle : un an de prison ferme supplémentaire
Incarcéré à la maison d’arrêt d’Osny pour trafic de stupéfiants, un jeune homme de 25 ans a fabriqué de toutes pièces la naissance d’un enfant, espérant fléchir la justice et accélérer sa sortie. Jugé mercredi au tribunal judiciaire de Pontoise, il a été condamné à un an de détention supplémentaire pour faux et escroquerie.
Un enfant fictif pour attendrir la justice
Depuis sa cellule de la maison d’arrêt d’Osny, dans le Val-d’Oise, Ethan D. purgeait depuis juillet dernier une peine d’un an pour trafic de stupéfiants. Impatient de retrouver la liberté, le jeune homme de 25 ans a élaboré un stratagème aussi audacieux que naïf : simuler la naissance d’un enfant pour bénéficier d’une libération conditionnelle parentale, relate Le Parisien.
Guidé selon ses dires par un tiers dont il refuse de révéler l’identité, il s’est procuré via un téléphone portable dissimulé en cellule de faux documents soigneusement fabriqués : un certificat de grossesse au nom de sa compagne, un certificat de naissance et même une facture hospitalière, tous mentionnant l’hôpital de Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine. L’enfant imaginaire serait venu au monde le 30 septembre dernier.
Une chaîne de transmission qui se retourne contre lui
Le 2 octobre, Ethan D. transmet ces pièces falsifiées à sa compagne, qui ignore tout de la supercherie, avec pour consigne de les remettre à son conseiller d’insertion et de probation. Ce dernier, convaincu de l’authenticité des documents, prend rendez-vous à l’état civil de la mairie de Neuilly pour une reconnaissance de paternité et fait suivre le certificat de naissance aux services compétents.
C’est précisément cette démarche officielle qui précipite l’effondrement du plan. Les agents de l’état civil, en vérifiant l’existence de l’accouchement auprès de l’hôpital concerné, constatent rapidement qu’aucune naissance correspondante n’a été enregistrée. Ils alertent sans délai le parquet de Nanterre, qui mandate le commissariat local pour ouvrir une enquête.
Un conseiller d’insertion placé en garde à vue, une victime collatérale
Avant que les enquêteurs ne remontent jusqu’au véritable auteur des falsifications, le conseiller d’insertion se retrouve placé en garde à vue. Une mesure vécue comme un traumatisme selon son avocate, qui décrit un homme depuis lors insomniaque et dont la crédibilité auprès des détenus d’Osny a été si gravement atteinte qu’il a finalement dû quitter l’établissement pour s’installer en province.
À la barre du tribunal de Pontoise, Ethan D. a reconnu les faits sans détour, affirmant avoir cru que les faux documents « passeraient sous les radars ». Il a exprimé honte et regret, notamment à l’égard de sa compagne, tenue à l’écart de la manœuvre, et du conseiller dont il a brisé la carrière locale.
Une condamnation qui alourdit considérablement sa détention
Le tribunal a retenu non seulement le délit de faux et usage de faux, mais également celui d’escroquerie : en manipulant son conseiller d’insertion pour qu’il accomplisse des démarches officielles à partir de pièces mensongères, le prévenu a bien abusé de la confiance d’un tiers pour en obtenir un avantage indu. Une tentative similaire visant la juge d’application des peines, à qui il avait adressé en décembre un courrier lui demandant d’« activer » son dossier, a également été retenue contre lui.
Ethan D. a pourtant plaidé sa bonne foi relative, soulignant qu’il n’avait pas coché la case « libération conditionnelle parentale » dans son formulaire officiel de demande d’aménagement de peine. Il a également rappelé qu’il disposait d’une promesse d’embauche et que le port du bracelet électronique avait été validé, rendant sa manœuvre « complètement inutile » avec le recul.
La présidente du tribunal a conclu l’audience par une question directe : comment espérer rétablir la confiance des professionnels de la justice après une telle manipulation ? Ethan D. aura deux ans et demi supplémentaires derrière les barreaux pour y réfléchir : la peine d’un an prononcée mercredi s’exécutera à l’issue de sa condamnation ini
(Merci Rudy van Cappellen)
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