Un sexagénaire interpellé armé d’une machette à Agde est décédé dans une geôle du commissariat. Deux enquêtes sont ouvertes, une autopsie ordonnée.

Mort d’un homme en garde à vue à Agde : deux enquêtes ouvertes après le décès d’un sexagénaire en cellule
Un homme d’une soixantaine d’années est décédé dans la nuit du lundi 12 au mardi 13 mai 2026 au sein du commissariat de police d’Agde, dans l’Hérault, peu après une interpellation mouvementée en centre-ville. Une enquête judiciaire et une enquête administrative ont été ouvertes dans la foulée. Une autopsie doit être pratiquée rapidement au CHU de Montpellier.
Une interpellation violente en pleine nuit
C’est aux alentours de 2 heures du matin que des policiers de la brigade anti-criminalité (BAC) d’Agde sont intervenus dans une rue du centre-ville, alertés par la présence d’un homme en train de fracturer la vitrine d’un commerce, une machette à la main. L’intervention s’est rapidement révélée particulièrement dangereuse : l’individu, décrit comme extrêmement agité et refusant catégoriquement de se laisser menotter, aurait exhibé son arme blanche et frappé plusieurs fonctionnaires de police.
Face à la résistance de l’homme et à l’impossibilité de le faire monter dans le véhicule de patrouille, les agents ont eu recours à leur pistolet à impulsion électrique — le taser — pour le neutraliser et procéder à son interpellation. La machette ainsi que l’arme électrique ont depuis été placées sous scellés judiciaires.
Décès en cellule malgré l’intervention d’un médecin
Transféré dans une geôle du commissariat d’Agde, le sexagénaire a continué à manifester une agitation intense, se cognant volontairement la tête contre les murs de la cellule. Préoccupés par son état, les policiers en charge de la procédure ont fait appel à un médecin. Malgré cette intervention médicale, l’homme est décédé peu après. Les tentatives de réanimation sont restées sans effet.
Selon des sources proches du dossier, le comportement du sexagénaire — décrit comme proche de l’hystérie — laissait supposer une possible consommation de stupéfiants. L’autopsie ordonnée par le procureur de la République de Béziers, Arnaud Faugère, devra établir la cause exacte du décès. L’hypothèse d’un arrêt cardiaque est pour l’heure privilégiée par les enquêteurs.
Deux enquêtes confiées au SIPJ de Montpellier
Dès le mardi matin, deux procédures ont été engagées : une enquête judiciaire, notamment pour « recherche des causes de la mort », et une enquête administrative. Elles ont toutes deux été confiées au Service interdépartemental de la police judiciaire (SIPJ) de Montpellier, dont des enquêteurs de permanence se sont rendus sur place dès la nuit des faits pour procéder aux auditions des policiers de la BAC ainsi que des autres agents présents dans le commissariat.
Les enquêteurs ont par ailleurs saisi les enregistrements de vidéosurveillance interne du commissariat, y compris les images de la cellule, ainsi que les caméras de vidéoprotection de la ville d’Agde. L’ensemble des faits aurait ainsi été filmé, ce qui constituera un élément central pour les investigations.
L’IGPN non saisie, une source syndicale défend la procédure d’interpellation
Une source syndicale a affirmé que « l’interpellation du sexagénaire s’est faite dans les règles », soulignant le contexte de danger immédiat auquel les policiers ont été confrontés. À ce stade, l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) n’a pas été saisie. L’enquête, supervisée par le procureur de la République de Béziers, devrait permettre de déterminer les circonstances exactes du décès dans les prochains jours.
(Merci Yann Bourguignon)
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