Un concert de soutien aux antifas mis en examen dans l’affaire Quentin Deranque se tient le 23 mai dans un local municipal de Grenoble.

Grenoble : un local de la mairie prêté pour un concert de soutien aux antifas détenus dans l’affaire Quentin
Alors que neuf hommes sont en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur la mort du militant nationaliste Quentin Deranque, un concert de solidarité avec les suspects est organisé le 23 mai dans un espace occupant des locaux appartenant à la Ville de Grenoble.
Un événement de soutien dans un bâtiment municipal
L’Action antifasciste Grenoble (AFA Grenoble) a programmé pour le samedi 23 mai, à 19 heures, une soirée de soutien à des militants antifascistes actuellement incarcérés. Le lieu retenu est le « 102 », espace culturel situé au 102 rue d’Alembert à Grenoble, qui occupe depuis 1983 des locaux appartenant à la municipalité grenobloise, relate Le JDD.
Sur ses réseaux sociaux, l’organisation présente l’événement comme un « concert de soutien aux antifascistes incarcéré-e-s », associé à la célébration de cinq ans d’existence du collectif. Au programme : un repas collectif suivi de plusieurs concerts à partir de 20 heures, avec entrée à prix libre.
Le « 102 » se définit lui-même comme un espace autogéré fonctionnant sans subvention publique directe, bien qu’il occupe des locaux communaux depuis plus de quatre décennies. Il accueille habituellement concerts, projections, débats et spectacles liés aux scènes alternatives et expérimentales.
La mort de Quentin Deranque et les suites judiciaires
La soirée s’inscrit dans un contexte judiciaire particulièrement chargé. Le 12 février dernier, Quentin Deranque, 23 ans, issu de la mouvance nationaliste lyonnaise, avait été violemment agressé en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon. Victime d’un grave traumatisme crânien, il était décédé deux jours plus tard des suites de ses blessures.
L’enquête ouverte pour homicide volontaire a abouti à la mise en examen et au placement en détention provisoire de neuf hommes. Selon des éléments relayés par l’AFP, plusieurs d’entre eux sont décrits comme membres ou proches de la Jeune Garde, organisation fondée en 2018 par le député La France Insoumise Raphaël Arnault. Parmi les personnes mises en examen figurent d’anciens collaborateurs ou proches du parlementaire. Les avocats de la défense contestent toutefois la qualification retenue, arguant de l’absence d’intention homicide.
La Jeune Garde définitivement dissoute par le Conseil d’État
Parallèlement à la procédure pénale, la Jeune Garde a été définitivement dissoute. Le Conseil d’État a rejeté fin avril le recours de l’organisation contre la décision de dissolution prise en Conseil des ministres en juin 2025. La haute juridiction a estimé que le mouvement « a mené et incité à commettre des agissements violents de confrontation et d’exclusion physique de l’espace public », jugeant la mesure « adaptée, nécessaire et proportionnée à la gravité des atteintes portées à l’ordre public ».
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez avait salué cette décision comme « importante pour la défense de l’ordre public et de nos valeurs républicaines », rappelant que « la violence n’aura jamais le dernier mot ».
C’est donc dans ce contexte — neuf mis en examen en détention, organisation dissoute, procès à venir — que se tient le concert du 23 mai, dans un bâtiment appartenant à une ville dont la gestion municipale se retrouve, malgré elle, associée à cet événement de solidarité militante.
(Merci Rudy van Cappellen)
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Et l’arrêté préfectoral il est ou ?
Tant qu’il n’y a pas jugement, ces prévenus sont présumés innocents. Beau sujet de discussion pour les juristes, pour combler un vide juridique!