L’Arcom met Europe 1 en demeure pour des propos de Christine Kelly sur les migrants, jugés propres à inciter à la haine. La station conteste la décision.

Europe 1 mise en demeure par l’Arcom après des propos de Christine Kelly sur les migrants
L’Arcom a mis en demeure Europe 1 de respecter ses obligations, estimant que des propos tenus en janvier par la présentatrice Christine Kelly étaient « de nature à inciter à la haine ». La station conteste fermement cette décision et annonce un recours.
Une décision rendue publique le 27 octobre
Le régulateur de l’audiovisuel a publié sa décision visant la radio Europe 1, qui appartient à la galaxie Bolloré, rapporte France Info. Elle porte sur l’émission « Christine Kelly et vous », diffusée le 26 janvier 2026. Au cours de ce programme, une séquence était consacrée à une affaire de viol d’une femme âgée à Nice. Le principal suspect était un ressortissant tunisien, déjà visé par une obligation de quitter le territoire français.
Les propos retenus par le régulateur
Lors d’un débat, la présentatrice a déclaré : « On ne dit pas que tous les migrants sont des violeurs, mais beaucoup le sont, comme les chiffres le révèlent. » Selon l’Arcom, ces mots ont été prononcés sans réaction des autres personnes présentes sur le plateau. L’autorité considère qu’ils sont « de nature à inciter à la haine et à encourager des comportements discriminatoires » envers les migrants, en raison de leur origine ou de leur nationalité.
Un avertissement qui précède toute sanction
Europe 1 avait déjà fait l’objet d’une mise en garde pour des manquements de même nature. Cette fois, le régulateur est passé à l’étape supérieure avec une mise en demeure. Dans l’échelle des interventions de l’Arcom, cette mesure a valeur d’avertissement. Elle précède toute sanction, notamment financière.
La station dénonce une « ingérence éditoriale majeure »
Dans un communiqué, Europe 1 affirme contester « avec la plus grande fermeté » le bien-fondé de la décision et les griefs retenus. La direction estime que « rappeler ou débattre de réalités chiffrées ne constitue en aucun cas une infraction ». Elle voit dans cette mesure une « ingérence éditoriale majeure ».
Un recours gracieux, puis peut-être le Conseil d’État
La station a annoncé qu’elle allait former un recours gracieux auprès de l’Arcom pour obtenir le retrait de la décision. Elle se réserve aussi la possibilité de saisir le Conseil d’État. L’issue de ces démarches déterminera si cette mise en demeure reste un simple avertissement ou si elle ouvre la voie à des suites plus lourdes.
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