Des automobilistes franciliens voient leur compte saisi pour des contraventions qu’ils assurent ne jamais avoir reçues. Un système opaque et complexe à contester.

De plus en plus de Français, à l’image de Jean et Marie, découvrent brutalement qu’ils sont redevables de forfaits post-stationnement (FPS) majorés… sans jamais en avoir été informés.
Jean, 62 ans, intérimaire parisien, s’est vu prélever près de 400 euros pour des amendes liées à une voiture détruite lors des émeutes de juin 2023. Photos, certificats de fourrière et récépissés de destruction à l’appui, il tente de prouver sa bonne foi, sans succès.
Marie, 66 ans, autoentrepreneuse de Palaiseau, s’est quant à elle vu saisir 200 euros pour deux PV soi-disant émis en 2021 — dont elle n’a jamais vu la couleur.
Ce cauchemar administratif révèle les dysfonctionnements du système français de traitement automatisé des infractions, géré par l’Antai. Dès qu’un FPS n’est pas payé, il est automatiquement majoré et transmis à la Direction générale des finances publiques, qui peut saisir les comptes sans sommation.
Les victimes dénoncent une procédure non suspensive, complexe et dématérialisée, qui décourage les recours.
L’avocate Ariana Bobetic dénonce une “machine à broyer”, où les justiciables sont souvent laissés sans recours effectif.
Le Tribunal du stationnement payant (TSP), basé à Limoges, est l’unique juridiction compétente : mal connu du grand public, il reçoit plus de 200 000 recours par an, souvent traités par un juge unique, sans audience.
Pour contester, il faut souvent prouver l’impossibilité de réception d’un courrier ou démontrer que le véhicule était hors d’usage — une mission presque impossible pour beaucoup. Et même dans les cas manifestes d’erreur, les démarches peuvent durer plusieurs années, sans garantie de remboursement.
Dans un contexte où les FPS ont doublé en France depuis 2018 (passant de 8 à 16 millions), la pression sur les citoyens est énorme. Ce système, censé fluidifier les contestations, devient pour beaucoup une trappe financière redoutable, marquée par l’automatisation, l’isolement des requérants et l’inefficacité de la justice administrative.
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