Accusés d’inaction face à une contamination aux PFAS dépassant les seuils légaux, Saint-Louis Agglomération et Véolia sont visés par une plainte collective pour “mise en danger de la vie d’autrui”. Plus de 400 habitants s’estiment empoisonnés.

Eau potable contaminée à Saint-Louis : une plainte collective vise Véolia et la collectivité pour mise en danger de la vie d’autrui
Selon les informations d’Ici Alsace, c’est une affaire environnementale et sanitaire majeure qui secoue le Haut-Rhin. Plus de 400 habitants de Saint-Louis Agglomération s’apprêtent à saisir la justice contre Véolia et la collectivité, dans le cadre d’une contamination prolongée de l’eau potable aux PFAS, ces “polluants éternels” extrêmement persistants.
L’avocat mulhousien André Chamy, à l’initiative de cette plainte collective pour “mise en danger de la vie d’autrui”, “distribution d’un produit nuisible à la santé” et “infractions environnementales”, dénonce un manque criant de transparence. Selon lui, Saint-Louis Agglomération et Véolia ont été alertées dès avril 2023 par l’Agence régionale de santé (ARS) des dépassements de seuils dans plusieurs communes, sans que la population n’en soit informée.
Des taux trois fois supérieurs à la norme
Onze communes, soit environ 60 000 habitants, sont concernées par ces restrictions d’eau, imposées depuis mai 2025. La directive européenne, adoptée en 2020 et applicable en janvier 2026, fixe un seuil maximal de 0,1 microgramme par litre (µg/l) pour les PFAS dans l’eau potable. Or, les prélèvements effectués par l’ARS révélaient dès 2023 des taux bien supérieurs :
Bartentheim : 0,27 µg/l Hésingue : 0,14 µg/l Saint-Louis : 0,3 µg/l
Des niveaux trois fois supérieurs à la norme, pourtant passés sous silence selon les plaignants.
Une absence de mesures correctrices jusqu’à l’intervention de la préfecture
Dans un courrier daté de décembre 2023, consulté par ICI Alsace, l’ARS demandait à Saint-Louis Agglomération de caractériser la pollution et de proposer des scénarios curatifs. Mais aucun plan concret n’a été présenté à la population.
Il faudra attendre mai 2025 pour que la préfecture du Haut-Rhin impose des restrictions pour les publics vulnérables (femmes enceintes, nourrissons), après des mois d’inaction dénoncés par Me Chamy :
« Sans l’intervention du préfet, rien n’aurait été fait ! »
« Pendant tout ce temps, des milliers de personnes ont bu une eau contaminée sans le savoir. »
Factures d’eau et responsabilité pénale en ligne de mire
Au-delà des poursuites pénales, les plaignants réclament le remboursement de leurs factures d’eau, considérant qu’ils ont payé un service non conforme. L’avocat prévoit de déposer la plainte au parquet d’ici début de semaine prochaine.
Ni Véolia, ni Saint-Louis Agglomération n’ont, pour l’heure, réagi publiquement. Une situation d’autant plus préoccupante que l’obligation de conformité, bien que fixée à janvier 2026, n’exonère pas les acteurs publics de leur devoir d’alerte et de transparence.
Un scandale sanitaire local aux résonances nationales
Ce dossier pourrait faire jurisprudence. La gestion des PFAS est un enjeu croissant en France, et plusieurs collectivités sont aujourd’hui confrontées à cette problématique. Saint-Louis pourrait ainsi devenir le symbole d’une prise de conscience nationale sur la nécessité de mieux encadrer et informer les populations exposées.
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PrĂ©sentĂ© comme des produits anodins du temps des poĂ«les TEFAL, puis incarnation dĂ©moniaque selon les Verts, ces produits pourraient faire l’objet de tests objectifs et non dĂ©lirant.
Par principe la FDA et organismes identiques en France devraient Ă©valuer tout additif, tous mĂ©dicaments, et ce qui est susceptible d’ĂŞtre vendu sur le marchĂ©. On en est loin et lĂ est le scandale!