Mis en examen pour tentative présumée de drogue et agression sexuelle sur une députée, le sénateur centriste de Loire-Atlantique Joël Guerriau a annoncé sa démission. Il nie tout lien entre ce retrait et l’affaire qui le vise.

Joël Guerriau, un départ inattendu du Sénat
Selon les informations de BFMTV, le sénateur centriste de Loire-Atlantique, Joël Guerriau, a confirmé dans un courrier adressé aux maires de son département qu’il quittera prochainement son mandat. Cet élu, en poste depuis 2011, affirme que sa décision n’a aucun rapport avec la procédure judiciaire dont il fait l’objet.
Dans sa lettre, consultée par API News (Ouest-France), il rappelle qu’il s’était engagé dès le départ à n’effectuer que la moitié de son mandat. « J’avais besoin de deux ans pour défendre certains textes, dont un sur les droits d’auteur. J’avais vraiment envie d’aller au bout », écrit-il.
Un passage de relais annoncé à mi-mandat
Joël Guerriau précise vouloir céder sa place à sa colistière, Marie-Pierre Guérin, maire de La Meilleraye-de-Bretagne. Selon lui, ce choix permettra de « renforcer la représentation des communes rurales au Sénat ».
Cette décision intervient alors que l’élu fait l’objet de pressions politiques répétées depuis sa mise en examen.
L’affaire de soumission chimique qui le poursuit
En novembre 2023, la députée Modem Sandrine Josso avait porté plainte après s’être sentie mal lors d’un dîner chez le sénateur. L’enquête a conduit à sa mise en examen pour « administration à l’insu d’une substance de nature à altérer le discernement ou le contrôle des actes, afin de commettre un viol ou une agression sexuelle ».
Les analyses toxicologiques avaient révélé chez lui la présence d’amphétamines, de cannabis, de cocaïne, de méthadone et de MDMA.
Malgré ses dénégations – il avait affirmé avoir voulu réaliser un « tour de magie » – Joël Guerriau a été rapidement suspendu par son parti, Horizons, et mis en retrait de la vie parlementaire.
Isolement politique et pressions institutionnelles
Le président du Sénat, Gérard Larcher, avait demandé sa démission, tandis que le comité de déontologie a été saisi en juillet dernier. Malgré cette mise à l’écart, Joël Guerriau avait conservé son siège et ses indemnités.
Son procès devant le tribunal correctionnel est fixé au 27 novembre 2025.
De nouvelles accusations médiatisées
En juin dernier, dans l’émission Complément d’enquête, une autre femme a affirmé avoir été droguée puis abusée par le sénateur. Elle n’a toutefois pas porté plainte.
(Merci Rudy van Cappellen)
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




