À Paris, une propriétaire a illégalement délogé sa locataire pour impayés, avant de publier la scène sur TikTok. Une vidéo devenue virale, qui relance le débat sur les expulsions hors procédure et leurs lourdes conséquences pénales.

Une expulsion illégale filmée et diffusée sur TikTok
À Paris, comme le relate BFMTV, une agente immobilière, également propriétaire d’un appartement, a décidé de se faire justice elle-même après plusieurs mois d’impayés. Elle a filmé puis partagé sur TikTok une vidéo montrant le délogement de sa locataire, sans intervention d’un huissier ni autorisation judiciaire.
« Bref, j’ai délogé ma locataire et elle n’est pas au courant », déclare Léa, la propriétaire, en introduction de sa vidéo. Selon ses dires, la locataire occupait les lieux depuis près de deux ans. « Je lui avais offert six mois de loyer gratuits pour des travaux qu’elle devait effectuer dans le logement, mais ils n’ont jamais été faits. Ensuite, il y a eu plus de six mois de loyers impayés », explique-t-elle à BFMTV.
Une procédure d’expulsion contournée
Apprenant auprès d’un avocat et d’un huissier que la procédure d’expulsion officielle durait plus d’un an, Léa a choisi de passer à l’action seule. « Impossible de la joindre, alors j’ai changé les serrures, ouvert le logement et déménagé toutes ses affaires », raconte-t-elle face caméra.
Elle justifie son geste par le fait que le logement servait, selon elle, de local professionnel : « Ce n’était pas une famille, ce n’était pas sa résidence principale. Je ne me suis absolument pas posé de question. Si c’était à refaire, je le referais encore », affirme-t-elle.
Trois ans de prison et 30 000 euros d’amende encourus
Mais en France, la loi est claire : expulser un locataire sans décision judiciaire ni intervention d’un huissier constitue une infraction pénale.
« En cas d’expulsion illégale, c’est-à -dire manu militari, sans huissier ni concours de la force publique, l’auteur risque jusqu’à trois ans d’emprisonnement et 30 000 euros d’amende », rappelle Me Avner Doukhan, avocat spécialiste des procédures locatives.
Un règlement à l’amiable envisagé
Malgré la polémique, Léa affirme ne pas craindre de poursuites. Elle soutient que l’avocat de sa locataire souhaite désormais résoudre le litige à l’amiable. Sur les réseaux sociaux, les réactions sont partagées : entre ceux qui comprennent son exaspération et ceux qui dénoncent une atteinte grave au droit au logement.
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Il est temps que la loi change car les gens supportent mal l’injustice criante et cette atteinte au droit de la propriĂ©tĂ©. Par ailleurs les juges n’ont-ils pas mieux Ă faire que de s’acharner sur des propriĂ©taires qui cherchent seulement Ă rĂ©cupĂ©rer leur bien. Une honte !