À Orange, une interpellation pour possession de cannabis a conduit les policiers à une vaste plantation clandestine piégée, dissimulée près de la base aérienne. Une maison aménagée en atelier de production, 9 kg d’herbe saisis, un policier blessé : retour sur une affaire hors norme.

Une simple interpellation qui dévoile une infrastructure clandestine
L’opération aurait pu passer inaperçue. Vendredi 7 novembre, lors d’un dispositif de contrôles renforcés à Fourchevieilles, la police d’Orange interpelle un homme de 41 ans transportant 660 grammes de cannabis. Rapidement placé en garde à vue, il reconnaît avoir dérobé la drogue dans un champ situé en périphérie de la ville et propose aux enquêteurs de les conduire sur place, relate La Provence.
Ses indications mènent les policiers jusqu’à une parcelle isolée, non loin de la base aérienne d’Orange. Ce qu’ils vont y découvrir dépasse largement le cadre d’un simple larcin.
Un terrain truffé de pièges artisanaux
Sur environ 300 m², les policiers constatent que les plants ont été récemment coupés. Mais surtout, ils remarquent que les abords du champ sont protégés par des planches de bois hérissées de clous de 10 cm, soigneusement dissimulées sous la végétation.
En progressant, l’un d’eux se blesse au pied, la semelle de sa chaussure ayant été perforée. Sa blessure entraînera un jour d’incapacité temporaire de travail.
Une maison transformée en véritable atelier de production
Le propriétaire du terrain, un homme de 58 ans, est interpellé le lendemain matin. La perquisition de son mas révèle une organisation méthodique :
– rez-de-chaussĂ©e amĂ©nagĂ© en zone de culture intĂ©rieure, avec lampes, arrivĂ©es Ă©lectriques et matĂ©riel horticole
– grenier transformĂ© en sĂ©choir, oĂą plus de 70 tiges et branches sont suspendues
– dĂ©couverte d’un fusil, que l’homme dit conserver pour protĂ©ger son « potager illĂ©gal ».
Une production estimée à 9 kg
Selon le commandant Sirvin, qui dirigeait l’opération, il ne fait aucun doute que les policiers ont mis au jour une production conséquente.
Au total, les forces de l’ordre évaluent la récolte à environ 9 kg, dont 5,1 kg de têtes déjà prêtes à l’usage. Les déchets végétaux — près de 3 m³ — ont été détruits sur place avec l’aide des pompiers.
Face aux enquêteurs, l’homme reconnaît cultiver du cannabis depuis plusieurs années. Il explique acheter les graines en ligne et faire pousser ses plants à l’intérieur avant de les replanter à l’extérieur. Il affirme également que la totalité de la production était destinée à une consommation personnelle importante, version confirmée par des proches évoquant ses problèmes de santé.
Une justification qui ne convainc pas la justice
Malgré ses explications, le tribunal correctionnel n’a pas retenu l’argument thérapeutique. Lundi 10 novembre, le quinquagénaire a été condamné à 12 mois de prison, dont six mois avec sursis, ainsi qu’à 70 heures de travaux d’intérêt général.
(Merci Yann Bourguignon)
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