Procès d’Alex Ursulet, ex-avocat de Guy Georges : la cour criminelle de Paris l’acquitte du viol présumé d’une stagiaire, faute d’éléments suffisants.

Un verdict inattendu dans une affaire très médiatisée
La cour criminelle de Paris a rendu, samedi, un verdict qui a surpris de nombreux observateurs : l’acquittement d’Alex Ursulet, pénaliste réputé et ancien avocat du tueur en série Guy Georges. Il était jugé pour des faits de viol qu’une ex-stagiaire affirme avoir subis en janvier 2018, trois semaines après son arrivée au cabinet, relate Le Parisien.
Les magistrats ont considéré que les éléments du dossier ne permettaient pas d’établir l’infraction.
Philippe Courroye, avocat général, avait évoqué un rapport de force inégal — « le pot de terre contre le pot de fer » — entre une très jeune stagiaire et un ténor du barreau occupant une position d’autorité.
Une plaignante restée constante dans sa version
La jeune femme affirme depuis sept ans avoir été victime d’une agression sexuelle dans le cabinet de l’avocat. Elle décrit un déjeuner où des questions intrusives auraient installé une dynamique de domination, puis, de retour au bureau, une pénétration digitale imposée alors qu’elle ramassait un objet au sol.
À l’audience, elle a expliqué avoir adopté une posture de grande disponibilité afin d’éviter, selon elle, des conditions de travail qu’elle jugeait risquées :
« Le contrarier, c’était m’exposer à des conditions de travail très difficiles », a-t-elle déclaré.
Une relation professionnelle disséquée par la cour
Les magistrats se sont penchés sur les échanges entre l’avocat, alors âgé de 61 ans, et sa stagiaire de 23 ans. Certains messages, présentés comme traduisant une forme de dévotion, ont été longuement analysés.
Mais la juridiction a estimé que ces éléments ne suffisaient pas à démontrer l’existence d’un viol.
Le jugement reconnaît qu’un contact sexuel a bien eu lieu, mais l’intention criminelle n’a pas pu être établie.
Une défense qui conteste tout, une accusation divisée
Alex Ursulet a réaffirmé son innocence à chaque étape :
« Depuis le premier jour, je dis que je suis innocent », a-t-il insisté.
Il assure avoir convoqué la stagiaire pour mettre fin à sa collaboration le jour des faits, invoquant un comportement qu’il jugeait inadapté.
Après son départ, il avait entrepris une série de démarches auprès de son réseau professionnel et de l’école des avocats de Bordeaux pour dénoncer son attitude, la qualifiant de fragile, voire instable.
L’avocat général, au contraire, a dénoncé une « position victimaire » et des contradictions dans la défense du pénaliste. Il avait requis 13 ans de réclusion criminelle avec mandat de dépôt.
Un acquittement qui pourrait ne pas clore le dossier
La cour criminelle, composée exclusivement de magistrats professionnels, a finalement opté pour l’acquittement, ce qui a aussitôt suscité la colère de la partie civile.
« C’est une décision cynique qui appelle nécessairement un nouveau procès », a déclaré Me Thibault Lafourcade, avocat de la plaignante, laissant entendre de possibles suites judiciaires.
Pour l’heure, l’ancien défenseur de Guy Georges ressort libre, juridiquement blanchi, même si l’affaire pourrait se poursuivre en appel.
(Merci Rudy van Cappellen)
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