Un paysagiste de 35 ans, installé près de Montpellier, a reconnu avoir drogué et agressé sexuellement au moins 22 femmes, dont des mineures, entre 2024 et 2025. Mis en examen pour viols aggravés et soumissions chimiques, il est soupçonné d’avoir filmé certains faits et visé aussi de très jeunes victimes dans l’Hérault.

Hérault : un paysagiste mis en cause dans une série de viols chimiques
Un paysagiste de 35 ans, père de famille et installé dans un village de l’ouest de Montpellier, a reconnu avoir agressé sexuellement au moins 22 femmes, dont certaines mineures, entre mai 2024 et février 2025 dans l’Hérault. Mis en examen en mars et placé en détention provisoire, il est poursuivi pour viols, agressions sexuelles et soumissions chimiques, sur fond d’aveux détaillés qui révèlent un mode opératoire répétitif et particulièrement inquiétant, relate Le Parisien.
Un père de famille intégré, devenu suspect numéro un
L’homme, originaire de Papeete (Tahiti) et diplômé à Montpellier, vivait avec son épouse et leurs deux enfants à Saussan, un petit village de l’Hérault. Professionnel du paysage, il intervenait chez des particuliers, souvent des femmes âgées, qui lui faisaient confiance.
Le dossier bascule début 2025. Le 24 janvier, deux amies de 63 ans déposent plainte à la gendarmerie de Saint-Jean-de-Védas. Elles accusent le jardinier de les avoir droguées, puis violées, après un café partagé. Toutes deux évoquent une brutale perte de mémoire après la boisson et le réveil, chez elles, sans souvenir des heures précédentes.
En remontant le fil, les enquêteurs découvrent une plainte d’octobre 2024. Une octogénaire, chez qui l’homme intervenait pour l’entretien du jardin, affirme s’être retrouvée dans son lit, couverte d’un simple drap, après avoir bu un café préparé par lui. Là encore, un « trou noir » et un scénario qui recoupe celui des deux sexagénaires.
Des aveux en série et 22 victimes identifiées
Placé en garde à vue, le paysagiste finit par reconnaître des faits d’une ampleur bien plus vaste. Face aux gendarmes, il admet avoir agressé sexuellement une quinzaine de femmes, dont des mineures, selon un mode opératoire similaire. Les perquisitions à son domicile conduisent à la découverte d’anxiolytiques, notamment des comprimés de type Xanax.
Au fil des auditions et des investigations, 22 victimes sont finalement identifiées. Selon ses déclarations, la plupart d’entre elles étaient issues de son cercle proche : « la grande majorité de ces personnes étaient de véritables amies, des confidentes, des personnes qui me faisaient confiance », explique-t-il aux enquêteurs. Les faits se concentrent sur plusieurs mois, avec un pic en octobre 2024.
Octobre 2024 : un mois de violences répétées
Les journées d’octobre 2024 offrent un aperçu particulièrement saisissant de la répétition des actes. Le 10 octobre, l’homme reconnaît avoir violé une amie qui l’héberge à Villeneuve-lès-Maguelone (Hérault), après lui avoir glissé des tranquillisants dans sa bière.
Deux jours plus tard, le 12 octobre, il récidive à l’issue d’une soirée entre amis. Le 15 octobre, de nouveaux faits sont évoqués. Le 18 octobre, invité chez un couple, il avoue avoir drogué les deux membres du foyer avant de violer l’épouse dans le lit conjugal, à côté de son mari inconscient. « Je les ai drogués tous les deux et j’ai violé X ce soir-là », déclare-t-il lors d’une audition.
Entre le 28 et le 30 octobre, trois autres femmes, pour lesquelles il travaille, sont visées. Un matin, il verse douze comprimés de Xanax dans le café de l’une d’elles, quitte la maison, puis revient quelques heures plus tard pour la violer alors qu’elle est sous l’emprise des médicaments. Le lendemain, il décrit un scénario similaire avec une autre cliente.
Soumissions chimiques, actes filmés et violences aggravées
Aux enquêteurs, l’homme détaille la nature des violences sexuelles. Il évoque des pénétrations vaginales et anales, réalisées avec son sexe et ses doigts, ainsi que l’usage de sex-toys. Il admet également avoir filmé certains faits, ce qui ajoute au caractère aggravé des infractions, notamment au titre des captations d’images intimes.
Le mis en examen indique avoir agi sous l’emprise de cocaïne pendant certains épisodes. Au cours des auditions, il se montre conscient de la gravité des faits qui lui sont reprochés, confiant aux gendarmes : « Je me sens vraiment comme une grosse pourriture d’avoir fait ça ».
Intrusions nocturnes et cibles mineures
L’affaire ne se limite pas aux agressions de femmes majeures. Mi-mai, alors qu’il est déjà mis en examen, de nouvelles poursuites sont engagées pour quatre tentatives d’agressions sexuelles sur de jeunes filles, dont trois mineures.
Le 28 octobre 2024, il escalade la façade de la maison d’une amie pour s’introduire à l’intérieur. Il explique rechercher des sous-vêtements féminins « pour se masturber » lorsqu’il tombe sur une fillette de 8 ans. Selon ses propos, il plaque un vêtement sur la bouche de l’enfant et « essaye de baisser son pantalon ». La petite résiste. Il affirme aux enquêteurs : « Je voulais la déshabiller, mais je ne sais pas pourquoi. Je n’ai pas d’attirance sexuelle pour les enfants, je voulais retourner voir sa mère pour faire des attouchements sexuels ».
Deux jours plus tard, le 30 octobre, il se faufile dans une autre habitation où dorment des adolescentes. Il les filme une à une. Il déclare aux gendarmes avoir voulu « découvrir sa culotte, voir », décrivant une volonté d’observer et de capturer des images intimes sans passage immédiat à l’acte.
Vers de nouvelles poursuites pénales
Au regard de l’ampleur des faits et des éléments recueillis, le parquet de Montpellier a récemment requis de nouvelles poursuites. Le paysagiste est désormais visé par des réquisitions pour sept viols aggravés, une tentative de viol, deux soumissions chimiques sans passage à l’acte, ainsi que des infractions liées à la captation d’images intimes.
L’instruction se poursuit pour préciser le nombre de victimes, la chronologie exacte des faits et la qualification pénale de chaque épisode. Le mis en examen reste présumé innocent tant qu’aucune condamnation définitive n’a été prononcée, mais le dossier, alimenté par ses propres aveux, décrit déjà un possible cas de violeur en série dans l’Hérault, au cœur de relations de confiance détournées.
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