Trois associés à la tête de dix sociétés parisiennes sont soupçonnés d’avoir escroqué 1 600 victimes pour 12 millions d’euros en usurpant l’identité d’Enedis, TotalEnergies et Ameli. Des perquisitions ont permis de saisir deux voitures de luxe. L’enquête se poursuit à Paris.

Démarchage téléphonique frauduleux : un réseau parisien suspecté d’avoir escroqué 1 600 victimes pour 12 millions d’euros
Trois associés à la tête d’une dizaine de sociétés basées à Paris sont dans le collimateur des enquêteurs. Soupçonnés d’avoir usurpé l’identité de grandes enseignes — Enedis, TotalEnergies, des opérateurs téléphoniques et même Ameli — pour escroquer des particuliers, ils auraient détourné douze millions d’euros au détriment d’environ 1 600 victimes. Des perquisitions ont été menées début mars. L’enquête se poursuit sous l’autorité du parquet de Paris.
Une usurpation d’identité soigneusement orchestrée
Le schéma mis en place repose sur un démarchage téléphonique ciblé : des opérateurs contactent des particuliers en se présentant comme des représentants d’Enedis, de TotalEnergies, d’opérateurs téléphoniques ou de la caisse d’assurance maladie via sa plateforme Ameli. L’argument commercial est rodé : il promet notamment des économies significatives sur les factures d’électricité, relate Le Parisien.
Une fois la méfiance dissipée, la victime est incitée à signer électroniquement un contrat, puis à effectuer un virement. En contrepartie, elle ne reçoit aucun service réel. Les structures créées pour recueillir ces paiements sont purement fictives. Les données personnelles collectées lors de ces échanges représentent un préjudice supplémentaire pour les personnes lésées.
Enedis a d’ailleurs tenu à rappeler publiquement, sur son site officiel, qu’elle ne pratique aucun démarchage commercial et ne propose aucun produit à la vente. La compagnie indique recevoir, depuis le début de l’année, de nombreux signalements faisant état d’une nouvelle vague de sollicitations illégales émanant de plateformes téléphoniques.
Des chiffres d’affaires qui ne trompent pas
C’est l’examen comptable de ces sociétés qui a éveillé les soupçons des spécialistes. Des progressions de chiffre d’affaires atteignant 92% ont été constatées, sans que les activités officiellement déclarées n’aient connu la moindre évolution. Un écart difficile à justifier dans un cadre légal.
Sur la période couverte par les investigations, les structures concernées auraient encaissé au total près de 48 millions d’euros. Le suivi minutieux des flux financiers a mis en évidence des transferts vers des comptes personnels ainsi que vers d’autres sociétés, suggérant la mise en œuvre d’un circuit de blanchiment via des comptes-relais. Des éléments concordants pointent également vers une externalisation de l’activité de démarchage téléphonique auprès d’un centre d’appels établi à l’étranger.
Perquisitions et saisies spectaculaires
Le 8 mars, les enquêteurs de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) et de la Brigade économique et financière anticorruption (BEFAC) ont simultanément investi les domiciles des trois mis en cause ainsi que leurs locaux professionnels, situés à Draveil en Essonne et dans le XVIe arrondissement de Paris.
Les fouilles ont abouti à des saisies éloquentes : une Porsche, une Ferrari et plusieurs articles de maroquinerie de luxe ont été placés sous main de justice. Le matériel informatique et les téléphones portables ont également été confisqués et seront prochainement analysés par les techniciens spécialisés.
La justice prête à passer à la vitesse supérieure
Placées sous la direction du parquet de Paris, les investigations sont toujours en cours. Une fois l’ensemble des éléments consolidés, le trio de suspects — dont l’un est déjà connu des services judiciaires — devrait être convoqué pour répondre des faits qui lui sont reprochés : tromperie commerciale, escroquerie et blanchiment de capitaux.
Le parquet de Paris, contacté, a confirmé l’existence de la procédure et réaffirmé sa détermination à identifier et poursuivre les auteurs de ce type d’infractions, afin de protéger les droits des consommateurs.
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