Un policier comparaissait le 9 avril 2026 devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence pour avoir stocké plus de 900 munitions au domicile de ses parents à Vitrolles. Dénoncé par son ancienne compagne, également policière, il affirme avoir rendu service à un ami. Le verdict : une amende de 1 000 euros, sans interdiction de port d’arme.

Policier jugé pour 900 munitions stockées chez ses parents : une condamnation qui ménage sa carrière
Comparaissant le 9 avril 2026 devant le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence, un fonctionnaire de police a été reconnu coupable de détention illégale de plus de 900 munitions, dissimulées pendant plusieurs années au domicile de ses parents à Vitrolles. Dénoncé par son ancienne compagne, elle-même policière, il a tenté d’expliquer avoir simplement rendu service à un ami. Le tribunal l’a condamné à une amende de 1 000 euros, sans prononcer d’interdiction de port d’arme.
Un stock de munitions dans la chambre d’enfance
C’est dans un contexte de rupture conflictuelle qu’éclate l’affaire, relate La Provence. L’ancienne compagne de Théo M., elle aussi agent de police, signale aux autorités la présence suspecte d’armes et de munitions au domicile des parents du prévenu, à Vitrolles. La perquisition qui s’ensuit ne permet pas de retrouver l’arme de type kalachnikov évoquée dans le signalement, mais révèle la présence de deux malles noires dissimulées dans l’ancienne chambre du mis en cause. À l’intérieur : plus de 900 munitions, accumulées entre 2021 et 2025.
Théo M., qui réside désormais en région parisienne, comparaît à la barre avec le calme d’un homme habitué à l’uniforme. Son avocat, maître Olivier Lantelme, souligne d’ailleurs que « l’uniforme colle à la peau » de son client, aussi bien dans sa vie professionnelle que personnelle.
« Je gardais ça pour un ami parti à Dubaï »
Pour justifier la présence de ce stock, le prévenu avance une explication simple : ces munitions appartiendraient à son « ami le plus proche », un pratiquant de tir sportif qui aurait quitté la France pour s’installer à Dubaï. Il affirme n’avoir jamais ouvert les boîtes, tout en reconnaissant s’être douté de leur contenu au vu de leur poids et du bruit qu’elles produisaient. « J’aurais dû faire preuve de plus de vigilance », concède-t-il à l’audience.
La présidente de l’audience ne cache pas sa perplexité face à cette version des faits. « Vous imaginez ce qui aurait pu se passer si le domicile de vos parents avait été cambriolé ? », interpelle-t-elle le prévenu. Une question à laquelle Théo M. répond par une formule désarmante : « J’avais tellement confiance. »
Le parquet et La Défense s’affrontent sur les enjeux professionnels
Le procureur se montre nettement moins indulgent. Il requiert 100 jours-amendes à 9 euros ainsi qu’une interdiction de port d’arme d’un an, estimant que de tels faits « posent plein de questions sur ce qu’il peut être amené à faire dans le cadre de ses fonctions ».
La défense adopte une stratégie différente. Sans trop s’appesantir sur l’ex-compagne que l’avocat décrit comme voulant « régler ses comptes », maître Lantelme soulève une question juridique délicate : pouvait-on réellement reprocher à son client de détenir, « par distance et par procuration, à 700 kilomètres d’un domicile qui n’est plus le sien », des munitions appartenant à un tiers ?
Une condamnation symbolique qui préserve l’avenir du policier
Le tribunal tranche en reconnaissant Théo M. coupable, mais prononce une amende de 1 000 euros sans assortir la peine d’une interdiction de port d’arme — mesure qui aurait pu mettre fin à sa carrière. « Une condamnation toute symbolique », réagit son conseil, estimant que le tribunal « a eu le souci de préserver sa carrière en comprenant que cette affaire avait pris des proportions qu’elle n’aurait jamais dû prendre ».
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