Trois ambulanciers ont été arrêtés lors d’un contrôle devant l’hôpital Beaujon à Clichy : l’un conduisait sous stupéfiants, un autre sans permis, le troisième faisait l’objet d’un mandat de recherche. Une opération qui soulève de vives inquiétudes sur la sécurité des patients transportés.

Transport sanitaire : trois ambulanciers arrêtés devant l’hôpital Beaujon, entre stupéfiants et permis invalides
Une opération de contrôle menée à Clichy a mis en lumière des manquements graves au sein du transport médical : trois ambulanciers en exercice se sont révélés hors d’état légal de conduire, dont deux positifs aux stupéfiants. Des faits qui interrogent profondément sur la sécurité des patients les plus vulnérables.
Une opération coordonnée à la demande de l’ARS
C’est dans le cadre du Comité opérationnel départemental anti-fraude (CODAF), dispositif placé sous l’autorité conjointe du préfet et du procureur de la République, qu’une vaste opération de contrôle a été déployée aux abords de l’hôpital Beaujon, à Clichy, dans les Hauts-de-Seine. L’initiative répondait à une demande explicite de l’Agence régionale de santé (ARS), soucieuse de vérifier la régularité des acteurs du transport sanitaire intervenant auprès des patients, relate Le Parisien.
L’objectif affiché par le procureur de Nanterre, Yves Badorc, était double : détecter d’éventuelles fraudes financières — surfacturations ou remboursements indus à l’assurance maladie — mais aussi s’assurer que les conducteurs prenant en charge des patients étaient physiquement et légalement aptes à le faire.
Vingt-neuf véhicules contrôlés, trois interpellations
Des motards de la police nationale ont été positionnés aux entrées de l’établissement hospitalier pour intercepter les véhicules sanitaires. Sur les 29 ambulances et VSL soumis aux vérifications — incluant systématiquement des tests de dépistage d’alcool et de stupéfiants —, trois conducteurs ont été placés en garde à vue.
Le premier a été contrôlé positif aux stupéfiants. Le deuxième présentait le même résultat au test de dépistage, avec en sus l’absence totale de permis de conduire. Le troisième, dont le titre de conduite lui avait été retiré antérieurement, faisait par ailleurs l’objet d’une fiche de recherche judiciaire pour l’exécution d’une peine d’emprisonnement. Les trois individus devront répondre de leurs actes devant les juridictions compétentes.
Des patients transportés dans une ignorance inquiétante
Ces révélations ont suscité une vive émotion parmi les patients rencontrés aux abords de l’hôpital. Une femme habituée aux transports en ambulance confie avoir parfois ressenti une certaine inquiétude face au comportement de certains conducteurs, allant jusqu’à craindre un accident. « J’ai eu peur, je me suis demandé si on n’allait pas finir dans le fossé », témoigne-t-elle.
Si la majorité des patients interrogés s’estiment globalement satisfaits de la qualité du service rendu, l’affaire laisse une impression d’inconfort. Un homme présent dans le hall de l’hôpital juge la situation « très préoccupante pour les personnes concernées », tout en précisant n’avoir lui-même jamais eu à se plaindre. Une autre patiente, en attente devant l’établissement, dit n’avoir jamais eu à reprocher quoi que ce soit aux ambulanciers qu’elle a croisés, à l’exception de quelques retards.
Le corps médical entre indignation et nuance
Du côté du personnel soignant, les réactions sont plus mesurées. Un interne en médecine juge les faits « choquants », soulignant que ces professionnels ont « des vies entre les mains ». Il tempère néanmoins son propos en précisant que la gravité dépend de la nature des substances détectées et de leur concentration, notamment lorsque des traces résiduelles sont retrouvées dans les cheveux plutôt que dans le sang.
L’une de ses collègues appelle à ne pas stigmatiser l’ensemble de la profession, rappelant que certains ambulanciers exercent dans des conditions financières difficiles. Ces nuances n’effacent pas pour autant la réalité des faits constatés : des professionnels de santé en situation irrégulière transportaient quotidiennement des personnes malades ou fragiles, à leur insu.
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