Condamné à quatre ans de prison dont un seul ferme sous bracelet électronique, le conducteur qui avait volontairement renversé deux gendarmes à moto à Forcalquier le 24 avril 2025 provoque l’indignation. Le maire David Gehant dénonce une décision qu’il qualifie de « gifle à la République ».

Forcalquier : un an de bracelet électronique pour avoir renversé deux gendarmes, une condamnation qui soulève l’indignation
Jugé en comparution immédiate quatre jours après les faits, un homme reconnu coupable d’avoir volontairement percuté deux motards de la gendarmerie lors d’une course-poursuite à Forcalquier a été condamné à quatre ans d’emprisonnement, dont trois avec sursis. Une décision en deçà des réquisitions du parquet, vivement dénoncée par le maire de la commune.
Une course-poursuite qui tourne au drame
Tout commence par un contrôle de routine. Le jeudi 24 avril, des gendarmes en patrouille à Forcalquier, dans les Alpes-de-Haute-Provence, veulent contrôler un automobiliste au volant sans sa ceinture de sécurité. Au lieu de s’arrêter, le conducteur choisit la fuite, ignorant délibérément les injonctions répétées des militaires.
Une course-poursuite s’engage alors dans les rues de la commune. C’est au cours de cette séquence que le conducteur, selon les éléments retenus à l’audience, percute volontairement et à deux reprises des gendarmes circulant à moto. Deux militaires sont ainsi renversés dans ce qui constitue une attaque frontale contre des représentants des forces de l’ordre en exercice.
Quatre ans de prison, dont un seul an ferme
Traduit devant le tribunal dès le mardi 28 avril, soit quatre jours après les faits, le mis en cause a été reconnu coupable des infractions qui lui étaient reprochées. Le parquet avait réclamé sept ans d’emprisonnement, considérant la gravité des actes et le profil de l’individu.
La juridiction a finalement prononcé une peine de quatre ans de prison, dont un an ferme aménagé sous la forme d’un bracelet électronique, relate Cnews. Les trois années restantes sont assorties d’un sursis. En pratique, le condamné ne sera donc pas incarcéré à l’issue de l’audience.
Le maire de Forcalquier monte au créneau
Cette décision a immédiatement provoqué une réaction forte de la part de David Gehant, maire de Forcalquier. Dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux, l’élu exprime sa consternation face à une peine qu’il juge sans commune mesure avec la violence des faits.
« Cette décision est une gifle adressée à toute la République. Comme si percuter volontairement un gendarme n’était qu’un banal incident de circulation », écrit-il, dénonçant un jugement qu’il perçoit comme une prime à l’impunité.
« Si c’était à refaire, je le referai »
Ce qui aggrave encore le sentiment d’incompréhension, c’est une déclaration prêtée au mis en cause au moment de son interpellation. Selon le maire, l’intéressé aurait affirmé : « Si c’était à refaire, je le referai. » Une phrase que David Gehant qualifie de « symptôme d’un malaise profond » et d’un « sentiment d’impunité devenu insupportable ».
L’édile dit refuser « la banalisation de la violence » et « la résignation » face à ce qu’il perçoit comme un laxisme judiciaire croissant. Il apporte dans le même temps « un soutien total, sans réserve, aux gendarmes concernés ».
Un débat qui dépasse Forcalquier
Au-delà du cas local, cette affaire relance un débat récurrent sur la protection pénale des forces de l’ordre et sur l’adéquation des peines prononcées face aux actes de violence volontaire. Le maire de Forcalquier conclut son communiqué par une question qui résonne bien au-delà des frontières de sa commune : « Je m’interroge aujourd’hui sur les valeurs du pays dans lequel nous vivons. »
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