Michel Felkay, directeur fondateur de la police municipale de Paris, quitte ses fonctions « sur demande du nouvel exécutif » sans explication officielle. Un départ qui surprend les syndicats et relance le débat sur l’avenir et l’armement des 4 000 agents de la PM parisienne.

Michel Felkay écarté de la tête de la police municipale de Paris : un départ sans ménagement
Le fondateur et directeur de la police municipale de Paris, Michel Felkay, a officialisé son départ contraint après les élections municipales. Une éviction qui suscite incompréhension et amertume au sein des rangs de la PM.
Un message sur les réseaux sociaux pour dire au revoir
C’est via Facebook et LinkedIn que Michel Felkay a choisi d’annoncer son départ de la police municipale de Paris, rapporte Le Parisien. Dans un message soigneusement formulé mais où perce une certaine amertume, le haut fonctionnaire de 62 ans a confirmé quitter ses fonctions « sur demande du nouvel exécutif » municipal. Une façon discrète mais lisible de signifier qu’il n’a pas quitté son poste de son plein gré.
Entré à la tête du service de prévention et de sécurité de la mairie de Paris en 2019, Michel Felkay avait ensuite piloté la création de la police municipale parisienne en 2021, une première pour la capitale. Il retourne désormais dans la police nationale, d’où il était issu.
Un bilan revendiqué, une sortie amère
Dans sa communication d’adieu, l’ancien commissaire central du XVe arrondissement n’a pas manqué de rappeler les résultats de son institution : plus de 1,25 million de procès-verbaux dressés en 2025 par quelque 4 000 agents, dont 2 400 policiers de terrain. « La première police municipale de France en effectifs », selon ses propres termes, qu’il estime désormais « sur de bons rails ».
Mais dans les échanges qui ont suivi, Michel Felkay n’a pas caché sa déception quant à la forme de son éviction, qu’il décrit comme intervenue « sans une explication, sans un remerciement ». Contacté pour s’exprimer davantage, il a décliné toute demande d’interview.
À l’Hôtel de Ville, un non-événement assumé
Du côté de la mairie de Paris, le départ de Michel Felkay ne semble surprendre personne. En interne, on rappelle sobrement qu’« il est normal, au bout d’un certain temps, que les équipes changent », sans épiloguer sur les circonstances ni apporter d’explication publique.
Il faut dire que le départ de l’intéressé était dans les esprits depuis qu’il a été élu conseiller municipal délégué à Dijon, en mars 2026, sur la liste de rassemblement conduite par la maire socialiste sortante Nathalie Koenders — s’affichant ainsi publiquement dans le jeu politique local au moment même où Paris basculait vers une nouvelle majorité municipale. Sa proximité historique avec Anne Hidalgo est également citée par plusieurs observateurs comme l’un des facteurs ayant pesé dans la décision du nouvel exécutif parisien.
Ariel Weil, maire PS de Paris Centre, assume quant à lui le principe du renouvellement : « Je suis favorable au spoil system, le remplacement des directions à l’arrivée d’une nouvelle équipe municipale. C’est une bonne chose de nommer de nouvelles têtes efficaces et expérimentées. »
Les syndicats pris de court
Au sein même de la police municipale, la manière dont ce départ a été géré a suscité la surprise. Tarik Maouchi, secrétaire de l’UNSA police municipale de Paris, confie que ni les agents ni les représentants du personnel n’ont été informés au préalable par la nouvelle équipe municipale.
« On aurait préféré que l’administration nous en informe directement », regrette-t-il, tout en rendant hommage à son ancien directeur : « Monsieur Felkay a fait ses preuves, notamment pendant les Jeux olympiques. Il y avait le dialogue. » Ce constat contraste avec les récentes assurances que Michel Felkay lui-même donnait encore aux représentants syndicaux de son « plein engagement » à Paris, jusque dans les jours suivant le scrutin municipal.
Un homme de terrain salué par tous
Unanimement décrit comme « humain, pragmatique et de terrain », Michel Felkay laisse une empreinte positive auprès de ceux qui ont travaillé avec lui. Ariel Weil se souvient notamment d’une opération coup de poing organisée dès le lendemain d’une décision politique concernant les trottinettes en infraction sur les trottoirs parisiens. « Dès le lendemain matin, il montait une grande opération sur l’Île Saint-Louis », salue l’élu, y voyant la marque d’un fonctionnaire réactif et déterminé.
Au-delà de ses fonctions, l’homme était également engagé dans la protection civile et plusieurs actions caritatives en faveur des personnes en situation précaire.
Un départ qui interroge sur l’avenir de la PM parisienne
Pour l’opposition municipale, ce changement de tête ne devrait pas suffire à transformer en profondeur la politique de sécurité de la capitale. « Il paie la facture du bilan d’Hidalgo en matière de sécurité, mais même si on change les acteurs ce sera le même film », tranche Grégory Canal (LR), chef de file de l’opposition, qui accuse la police municipale de se concentrer davantage sur les infractions routières que sur la délinquance.
Philippe Goujon, maire LR du XVe arrondissement, pose lui une question plus structurelle : celle de l’application par le nouveau maire de Paris de la loi récente élargissant les prérogatives des polices municipales — amendes forfaitaires délictuelles, contrôles d’identité — qui pourrait transformer en profondeur les missions des agents.
La question de l’armement des effectifs, centrale durant la campagne municipale, reste quant à elle suspendue. Emmanuel Grégoire s’y est dit « défavorable » pendant les élections, mais certains estiment que le nouveau maire — qui a promis 1 000 recrutements supplémentaires — pourrait faire évoluer sa position, notamment via un référendum citoyen. Une hypothèse que l’intéressé n’a pour l’heure ni confirmée, ni véritablement démentie.
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