Face aux nombreux témoignages de femmes victimes de voyeurisme dans les piscines parisiennes, la Ville de Paris lance un plan d’action. Cabines sécurisées, personnel formé, protocole de signalement… Pierre Rabadan, adjoint au sport, détaille les mesures prises pour enrayer ce phénomène largement sous-estimé.

Voyeurisme dans les piscines parisiennes : la mairie face à un phénomène bien plus massif que prévu
Depuis le témoignage viral d’une nageuse filmée à son insu dans une cabine de piscine à Paris, les langues se délient. Selon les informations du Parisien, une vague de révélations sur des faits de voyeurisme et d’agressions dans les établissements aquatiques municipaux a émergé, poussant la Ville de Paris à réagir rapidement.
Une prise de conscience tardive mais déterminante
« Nous ne pensions pas que le phénomène était d’une telle ampleur », reconnaît Pierre Rabadan, adjoint à la maire de Paris chargé du sport. Si peu de signalements étaient auparavant enregistrés, la libération de la parole sur les réseaux sociaux a mis en lumière une réalité bien plus sombre. En réponse, un protocole de signalement spécifique a été instauré début juillet pour faciliter la prise en compte des faits.
Des mesures concrètes et immédiates
À la suite d’échanges avec les victimes, notamment Laurène Daycard et Clara, créatrice du compte Instagram « Nageuse parisienne », la municipalité a réuni tous les acteurs concernés : exploitants, agents, direction des sports, usagères… Un audit structurel des piscines a été lancé, visant à repérer les vulnérabilités des infrastructures.
Le personnel a également été sollicité : présence renforcée dans les vestiaires, inspections systématiques, et surtout, formation obligatoire à l’écoute et à la prise en charge des victimes pour les 600 agents municipaux affectés aux piscines.
Vers une meilleure protection sans renoncer à la mixité
Concernant la mixité des vestiaires, la mairie a opté pour une solution intermédiaire. Plutôt que de restreindre l’accès ou d’instaurer des créneaux non mixtes — impossibles à généraliser selon Rabadan —, des autocollants différencient désormais les cabines : femmes, hommes, familles, personnes non binaires. Une manière de renforcer l’intimité tout en conservant un accueil inclusif.
Une coopération accrue avec la justice attendue
Une nouvelle réunion est prévue à la rentrée pour évaluer les résultats du plan. La Ville souhaite impliquer davantage le parquet de Paris, afin de suivre les suites judiciaires des interpellations. « Aujourd’hui, une fois l’agresseur emmené, nous ne savons pas ce qu’il advient ensuite. Il faut un suivi. »
Enfin, Pierre Rabadan a alerté la ministre des Sports pour étendre cette démarche à l’échelle nationale. Car si Paris agit, le problème ne se limite pas à la capitale : c’est toute la France qui doit désormais prendre conscience de cette réalité et s’y préparer.
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