À Avignon, un homme souffrant de schizophrénie a violemment agressé une adolescente dans une boulangerie, avant de frapper un handicapé en fauteuil roulant avec une sacoche. Condamné à 18 mois de prison, il est interdit de séjour dans le Vaucluse pendant deux ans.

Avignon : un schizophrène frappe une adolescente et agresse un handicapé dans un déchaînement de violence absurde
Avignon (Vaucluse) – Comme l’explique La Provence, ce qui aurait dû être une simple course quotidienne s’est transformé en cauchemar pour une adolescente de 17 ans, violemment agressée le 17 juin dernier dans une boulangerie du quartier de la Rocade. L’homme, manifestement en état de crise psychotique, l’a insultée, menacée et frappée à l’aide d’un poing américain, avant de s’enfuir et de s’en prendre à un homme en fauteuil roulant, qu’il a frappé avec une sacoche contenant un ordinateur.
Une violence soudaine et gratuite
L’adolescente venait simplement acheter du pain lorsqu’elle est tombée sur l’agresseur, connu dans le quartier pour ses errances liées à sa toxicomanie présumée. Pris d’un accès de violence, il l’aurait frappée sans raison apparente, selon des témoins. Terrifiée, la victime s’est réfugiée dans une boucherie voisine, où une cliente l’a aidée à retrouver sa mère, qui l’attendait en voiture.
Dans la panique de sa fuite, l’agresseur a croisé un homme en situation de handicap qu’il a également agressé, affirmant plus tard au tribunal :
« Je lui ai mis un petit coup de sacoche, c’était comme ça, pour lui dire bonjour. »
Une personnalité instable, une audience surréaliste
Présenté en comparution immédiate le jeudi 7 août, le prévenu de 34 ans, torse nu au moment des faits et aux pupilles dilatées, selon les témoins, a nié la plupart des accusations. Il a expliqué avoir bu du whisky pour “brûler les vers” qu’il pensait avoir attrapés aux pieds, évoquant une ancienne blessure après s’être échappé du centre psychiatrique de Montfavet.
Diagnostiqué comme atteint de schizophrénie paranoïde dans un rapport psychiatrique, l’homme assure ne se souvenir de rien, ni des menaces, ni des coups. Il nie posséder le poing américain ou le couteau retrouvés sur lui, prétendant qu’on lui aurait « mis ça dans les mains ».
Une sanction adaptée à sa pathologie
Le tribunal a reconnu une altération du discernement, ce qui a influé sur la peine prononcée. L’agresseur a été condamné à 18 mois d’emprisonnement, dont 12 assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans, avec interdiction de séjourner dans le Vaucluse durant cette même période.
Sans cette circonstance atténuante, il aurait écopé de 24 mois de prison, dont 16 avec sursis.
L’avocate des parties civiles, Me Souad Zitouni, a souligné la gravité des faits :
« Ce ne sont pas des “petits coups”. Ce sont des infractions pénales. »
Une affaire symptomatique de la détresse psychiatrique
Cette affaire met une nouvelle fois en lumière les carences du suivi psychiatrique en milieu ouvert et les risques liés à l’errance de patients non stabilisés. Si la justice a pris en compte l’état mental du prévenu, la sécurité publique et la prise en charge des malades mentaux restent au cœur des préoccupations.
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