Accusé de viols et d’agressions sexuelles par dix patientes et sa nièce, un kinésithérapeute de 56 ans, installé à Villiers-sur-Orge, comparaît devant la cour d’assises d’Évry-Courcouronnes. Le procès se déroule du 23 au 26 septembre.

Un kinésithérapeute de village face à ses anciennes patientes
Il était connu comme le « kiné du village », recommandé par le bouche-à -oreille et consulté par de nombreux habitants de Villiers-sur-Orge (Essonne). Aujourd’hui, Valéry G., 56 ans, ne reçoit plus personne. Son cabinet a fermé et il lui est interdit d’exercer. Du 23 au 26 septembre 2025, selon les informations du Parisien, il comparaît libre devant la cour d’assises d’Évry-Courcouronnes, accusé de viols et d’agressions sexuelles.
Dix patientes l’accusent d’avoir commis ces faits lors de consultations entre 2013 et 2015. À leurs témoignages s’ajoute celui de sa nièce, qui évoque des viols lors de vacances alors qu’elle était âgée de 17 ans.
Des faits longtemps tus
Sandra (prénom modifié) fait partie des plaignantes. En 2011, elle consulte le praticien sur les conseils de son médecin. Après plusieurs séances sans incident, tout bascule à l’été 2013. Ce jour-là , la séance dure deux heures au lieu de trente minutes. Le kinésithérapeute explique devoir masser les hanches et les fesses de la patiente. « J’avais confiance en lui… et je l’ai laissé faire », confie-t-elle aujourd’hui.
Sandra décrit alors des attouchements suivis d’une pénétration digitale non consentie. Tétanisée, elle ne parvient pas à réagir immédiatement. Elle quitte ensuite le cabinet et n’y remettra plus les pieds. Ce n’est qu’en 2015, après avoir été contactée par la police à la suite d’une autre plainte, qu’elle dénonce à son tour les faits.
Une série de témoignages concordants
Au total, une quinzaine de femmes ont signalé des abus similaires : massages qui dérapent, attouchements sexuels, pénétrations digitales, souvent alors qu’elles étaient allongées, le visage tourné vers la table. Plusieurs décrivent également une « emprise » exercée par le praticien et se souviennent de détails troublants, comme sa respiration accélérée.
Certaines victimes affirment avoir tenté d’alerter le conseil de l’ordre des masseurs-kinésithérapeutes dès 2013, sans qu’aucune sanction immédiate ne soit prise. L’Ordre assure aujourd’hui suivre le dossier « comme toutes les procédures disciplinaires ».
Des séquelles durables pour les victimes
Sandra explique avoir développé une méfiance persistante depuis les faits : « Dans les transports, je me demande toujours qui est derrière moi. » Elle consulte encore une psychologue pour tenter de surmonter ce traumatisme.
Les experts psychiatres ayant examiné Valéry G. évoquent pour leur part une absence d’empathie et des fragilités narcissiques. Le mis en cause reconnaît certains gestes, en minimise d’autres, et évoque parfois des « rapports de séduction » avec ses patientes.
Un procès attendu
Dix ans après la première plainte, ce procès doit confronter l’ancien kinésithérapeute à dix victimes. L’homme, placé sous contrôle judiciaire depuis 2015, comparaît libre. Il encourt jusqu’à vingt ans de réclusion criminelle.
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