L’ancien médecin généraliste d’Ermont, Alexandre Ip, 63 ans, a été condamné à huit ans de prison pour viols et agressions sexuelles sur cinq patientes. Le praticien, qui prenait ses victimes en photo et leur imposait de faux soins, est définitivement interdit d’exercer la médecine.

Un généraliste condamné pour des actes d’une extrême gravité
À l’issue de trois jours d’audience, la cour criminelle du Val-d’Oise a condamné mercredi Alexandre Ip, 63 ans, ancien médecin généraliste à Ermont, à huit ans de prison ferme pour viols et agressions sexuelles sur cinq de ses patientes, rapporte Le Parisien.
Les juges ont retenu la gravité des faits et les « conséquences traumatiques indéniables » infligées aux victimes, ainsi que la progression inquiétante des infractions au fil des années.
L’ancien praticien écope également d’une interdiction définitive d’exercer toute activité médicale ou paramédicale.
Des faits étalés sur une décennie
Dès l’ouverture du procès, Alexandre Ip a reconnu les faits. L’affaire trouve son origine en mai 2020, lorsque Leïla (prénom d’emprunt), une patiente de 20 ans, dépose plainte après une séance d’« acupuncture » au cours de laquelle elle surprend le médecin en train de photographier ses parties intimes alors qu’elle est nue sur la table d’examen.
Le cabinet médical est aussitôt placé sous scellé. Lors des perquisitions, les enquêteurs découvrent des centaines de clichés de femmes nues ou partiellement dénudées, ainsi que de nombreux gros plans à caractère sexuel sur le téléphone du praticien.
Les investigations révèlent également qu’une première plainte avait été déposée en 2010 par une autre patiente, dans des circonstances similaires. Classée sans suite à l’époque, cette procédure sera rouverte après les découvertes de 2020.
Des patientes sous emprise, des soins détournés
Selon les témoignages recueillis, le médecin profitait de la confiance de ses patientes pour leur imposer des gestes prétendument thérapeutiques, parfois sous couvert de médecine traditionnelle chinoise.
Certaines ont décrit à la barre des séances d’une grande violence, évoquant des aiguilles plantées dans les parties intimes et des douleurs insoutenables.
Le président de la cour a estimé que ces « massages » imposés aux victimes « ressemblaient davantage à des séances de torture » qu’à un quelconque traitement médical.
Les victimes ont refusé le huis clos
Les cinq plaignantes ont fait preuve d’un courage salué par la défense et la partie civile. Toutes ont refusé le huis clos, souhaitant que leur témoignage soit entendu publiquement.
« Elles voulaient que cette affaire dépasse les murs du tribunal, pour que les médecins sachent », a expliqué Me Serge Portelli, avocat de Leïla, saluant une décision « à la hauteur des faits terribles » commis par le praticien.
Une condamnation assumée, sans appel
L’avocate d’Alexandre Ip, Me Sandy Corler, a indiqué que son client ne fera pas appel.
« Il a reconnu l’intégralité des faits, exprimé des excuses et une honte sincère. La cour a perçu une forme de lucidité et de remords », a-t-elle déclaré à l’issue du verdict.
L’ancien médecin purgera donc sa peine de huit ans d’emprisonnement, marquant la fin d’un long parcours judiciaire pour les victimes, déterminées à briser le silence.
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