Un jeune couple, venu de Narbonne pour un week-end en amoureux dans un Airbnb à Évry-Courcouronnes, a été pris à partie par une bande de jeunes, dépouillé et retrouvé son appartement vandalisé. Une enquête de police est en cours après ce home-jacking sans violences physiques mais particulièrement traumatisant.

Évry-Courcouronnes : un week-end en Airbnb tourne au cauchemar pour un jeune couple
En visite en Essonne pour un week-end en amoureux, un jeune couple Narbonnais a été accosté puis dépouillé par un groupe de jeunes, avant de découvrir la location Airbnb qu’il occupait avec sa compagne entièrement fouillée et vidée d’une partie de son contenu, relate Le Parisien. Une enquête est ouverte et des prélèvements ADN ont été réalisés.
Un séjour en amoureux qui dérape
Alexandre et Léa, prénoms modifiés, n’imaginaient pas voir leurs retrouvailles se transformer en épisode traumatisant. Tous deux âgés d’un peu moins de 20 ans, ils se retrouvent le vendredi 5 décembre à Évry-Courcouronnes, en Essonne, où la jeune femme effectue un stage dans le cadre de ses études.
Originaire de Narbonne, dans l’Aude, Alexandre fait le déplacement pour passer le week-end avec elle. Pour préserver leur intimité, le couple loue un petit appartement via Airbnb dans un quartier situé à proximité du parc des Coquibus, où résident également des membres de la famille du jeune homme.
Une sortie au kebab qui tourne mal
Le premier soir de ce séjour, Alexandre prévoit de dîner avec un ancien ami dans un kebab du quartier, vers 21 heures. Selon son récit, un groupe de huit à neuf jeunes commence alors à se regrouper dans l’établissement, sans éveiller immédiatement ses soupçons.
C’est au moment où les deux amis terminent leur repas que l’ambiance change. Le groupe s’approche, le questionne et lui lance notamment : « T’es qui ? Tu viens d’où ? », en référence à d’éventuelles appartenances à un quartier ou à un conflit local. Alexandre explique qu’il ne vit pas dans le secteur et qu’il n’est mêlé à aucune rivalité de cité.
Contraint de suivre le groupe dans un immeuble
Malgré ses explications, le jeune Narbonnais est « accroché » par plusieurs membres du groupe. Sans coups ni menaces explicites, ils lui ordonnent de les suivre vers un bâtiment voisin. Face à leur nombre, le jeune homme obtempère.
Dans ce lieu, ses agresseurs le déshabillent partiellement, fouillent sa sacoche et s’emparent de ses papiers d’identité ainsi que de son téléphone. Ils le forcent également à effectuer un retrait de 100 euros, plafond atteint sur son compte. Alexandre assiste ensuite, impuissant, aux échanges téléphoniques entre ses agresseurs et de possibles receleurs intéressés par son smartphone.
Un iPhone jugé difficile à écouler
Toujours selon le récit de la victime, le groupe tente de contourner les protections de son téléphone. Les auteurs lui demandent de désactiver la géolocalisation et de débloquer l’iCloud. Incapable de retrouver le code demandé, Alexandre les entend alors consulter un receleur sur la possibilité de revendre l’appareil malgré ces blocages.
La réponse serait négative, l’écran du téléphone étant en outre déjà cassé, ce qui en réduit encore la valeur. L’épisode se termine par la restitution de sa liberté de mouvement, mais pas de ses biens : le jeune homme est finalement relâché, sous le choc, et retourne vers l’appartement loué avec sa compagne.
Appartement fouillé et équipements dérobés
En regagnant la location Airbnb, Alexandre découvre un logement en grand désordre. L’endroit est vidé de plusieurs équipements : télévision, micro-ondes, vêtements, vestes, casquettes et divers effets personnels ont disparu.
La scène s’est déroulée sous les yeux de Léa. La jeune femme explique avoir croisé les intrus en sortant de la salle de bains. Elle décrit un groupe étonnamment calme, dont certains fumaient du cannabis ou fredonnaient tandis que d’autres emportaient tout ce qu’ils pouvaient.
Un étrange « code » envers la jeune femme
D’après le témoignage de Léa, les auteurs se montrent presque désinvoltes. Ils lui assurent que « tout va bien » et affirment ne pas vouloir la menacer. Ils lui demandent même quels objets lui appartiennent pour ne pas les prendre, indiquant qu’ils ne « voleraient pas les filles ».
Cette promesse n’est toutefois pas totalement tenue : les voleurs quittent les lieux en emportant au moins sa cigarette électronique. Malgré l’absence de coups et de violences physiques, le couple ressort particulièrement éprouvé par cet épisode.
Un quartier marqué par un point de deal
Selon une source proche du dossier, le secteur où se trouve l’appartement est défavorablement connu des services de police, notamment pour la présence d’un point de deal. Dans ce contexte, la présence d’appartements proposés sur Airbnb pourrait être mal perçue par certains groupes, qui y voient une gêne pour leur activité illicite.
Les jeunes impliqués dans cette affaire auraient ainsi profité de la situation de ce logement, occupé par des personnes extérieures au quartier, pour commettre ce vol aggravé sans confrontation violente directe.
Plainte déposée et enquête en cours
La propriétaire du logement, qui loue ce bien sur Airbnb depuis environ un an, a indiqué ne pas souhaiter s’exprimer publiquement sur les faits, par crainte de représailles. Elle a néanmoins déposé plainte. Alexandre doit également formaliser la sienne dans les prochains jours.
Ce lundi 8 décembre, en fin de journée, aucune interpellation n’avait encore été signalée. La police scientifique s’est rendue sur place pour procéder à des prélèvements d’ADN et tenter d’identifier les auteurs présumés à partir des traces laissées dans l’appartement. L’enquête, confiée aux services de police, est en cours.
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