À Évry-Courcouronnes, un locataire sous le coup d’une expulsion a relié une bouteille de gaz à sa porte d’entrée. L’immeuble évacué, les démineurs ont neutralisé le dispositif en début d’après-midi. Retour sur une matinée de tension extrême rue des Mazières.

Évry-Courcouronnes : un locataire piège son logement à la bouteille de gaz le jour de son expulsion
Une bouteille de gaz reliée par un fil à une porte d’entrée, un immeuble entier évacué en urgence, des démineurs dépêchés sur place : ce mercredi 22 avril, la rue des Mazières à Évry-Courcouronnes a été le théâtre d’une intervention de plusieurs heures après la découverte d’un dispositif potentiellement explosif dans un appartement visé par une procédure d’expulsion.
Un serrurier met au jour le piège
Tout commence aux alentours de 10 heures du matin. Un serrurier mandaté pour procéder à l’ouverture d’un logement au deuxième étage d’une copropriété privée située au 15, rue des Mazières réalise une découverte troublante : en perçant le barillet de la serrure, il aperçoit un fil électrique traversant la porte et aboutissant à une bonbonne de gaz placée à l’intérieur de l’appartement. Un panneau portant des inscriptions dans un dialecte non identifié aurait également été repéré à proximité immédiate du dispositif, relate Le Parisien.
L’alerte est immédiatement donnée. Les forces de l’ordre établissent rapidement un périmètre de sécurité autour du bâtiment. Policiers, équipes de déminage, véhicules de GRDF et sapeurs-pompiers convergent vers la rue des Mazières. L’ensemble des résidents de l’immeuble est évacué dans l’urgence. Les occupants de l’immeuble voisin, au numéro 13, sont également priés de quitter les lieux.
Un quartier paralysé, des riverains sous le choc
Regroupés à l’extérieur du périmètre de sécurité, les habitants témoignent d’une évacuation précipitée. « On nous a dit qu’il fallait partir immédiatement, qu’il y avait un risque d’explosion », confie l’une d’elles. Une voisine directe du locataire concerné raconte avoir d’abord vu plusieurs gendarmes accompagnés d’un huissier de justice dans le couloir, avant qu’on ne vienne tambouriner à sa porte pour l’évacuer dans la minute.
Aux alentours de midi, deux camions de pompiers rejoignent le dispositif déjà en place. Les secours déploient une grande échelle jusqu’à la fenêtre du deuxième étage afin de permettre aux démineurs d’accéder à l’appartement sans utiliser la porte piégée.
Détonation contrôlée, puis retour au calme
Peu après 13 heures, les démineurs passent à l’action. Après avoir brisé la vitre, ils pénètrent dans le logement et procèdent à la neutralisation du dispositif par détonation contrôlée. Une forte explosion retentit à l’intérieur de l’appartement, sous les yeux de nombreux témoins massés à distance réglementaire. L’alerte est levée dans la foulée, et le périmètre de sécurité est dissous.
À l’heure où ces lignes sont écrites, le locataire à l’origine du dispositif — dont l’expulsion avait été ordonnée ce matin-là — n’était pas présent dans les lieux au moment de l’intervention. Son interpellation n’a pas été confirmée officiellement.
Un voisinage sous le choc, des questions qui demeurent
Dans le quartier, les voisins peinent à croire ce qui s’est passé. L’homme visé par l’expulsion, décrit comme âgé d’une trentaine d’années, était jusqu’ici perçu comme un résident discret, sans antécédent de trouble à la tranquillité de la résidence. « Il disait toujours bonjour. C’était un couple gentil. Ça me semble vraiment bizarre », témoigne une habitante, encore sous le choc.
Les circonstances exactes ayant conduit cet individu à installer un tel dispositif restent à établir. L’enquête, désormais ouverte, devra déterminer les conditions précises de la mise en place du piège ainsi que les motivations de son auteur.
(Merci Patrick)
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




