Un réseau franco-italien de fausse monnaie lié à la Camorra démantelé : 16 arrestations. Enquête sur une filière européenne.

Fausse monnaie : la Camorra fournissait des faux billets à un réseau démantelé jusqu’à Montpellier
Seize personnes ont été arrêtées mi-juin lors d’une vaste opération coordonnée entre Paris, Marseille et l’Hérault. Derrière ce coup de filet : une filière internationale de faux billets dont le fournisseur n’était autre que la Camorra napolitaine, organisation mafieuse responsable de la majeure partie de la fausse monnaie circulant sur le continent européen.
Un réseau international au cœur de l’Europe
L’Office central pour la répression du faux monnayage (OCRFM) et la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS) de Marseille ont frappé fort, relate Le Midi libre. Le 15 juin, une opération coordonnée a permis l’interpellation de seize individus à travers plusieurs régions de France. Douze d’entre eux ont été placés en examen dans la foulée. L’enquête visait une chaîne criminelle complète, de la production des faux billets jusqu’à leur mise en circulation dans les commerces et auprès de particuliers.
La Camorra, fournisseur officieux de l’Europe en faux euros
À l’origine de ce trafic : la Camorra, la redoutable organisation mafieuse implantée dans la région de Naples. Connue depuis plusieurs années comme la principale source de fausse monnaie en circulation sur le continent, elle produisait des billets de haute facture — des coupures de 20, 50 et 100 euros — vendus à un tiers de leur valeur faciale. Un billet de 100 euros s’échangeait ainsi pour 30 euros, offrant des marges considérables aux revendeurs en aval.
Des Marseillais au centre de la redistribution
C’est à Marseille que le maillon français du réseau prenait forme. Des délinquants chevronnés, bien implantés dans le milieu, jouaient le rôle d’intermédiaires : ils achetaient les faux billets auprès des contacts italiens, puis organisaient leur redistribution à travers le territoire. Pour recruter leurs petites mains, ils avaient recours aux réseaux sociaux et aux messageries chiffrées, des outils devenus incontournables dans la logistique des réseaux criminels modernes.
Des exécutants, pas des têtes pensantes
Si leur implication dans le trafic est établie, leur rôle reste clairement délimité selon les enquêteurs. « Ils ont un rôle, mais ce ne sont pas eux qui tirent les ficelles du trafic », précise une source proche du dossier. Les investigations se poursuivent sous l’autorité du parquet national de lutte anticriminalité, chargé de cartographier précisément l’ensemble de la chaîne de commandement et d’identifier les véritables organisateurs de ce réseau à dimension européenne.
(Merci Yann Bourguignon)
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