À Lille, deux hommes ont été condamnés à un an de prison sous bracelet électronique pour avoir agressé un médecin de SOS Médecins, suscitant une vague d’émotion et une grève des praticiens. Retour sur une affaire qui illustre l’escalade des violences envers le corps médical.

Selon les informations du Parisien, le tribunal de Lille (Nord) a condamné, ce mercredi, deux hommes à douze mois de prison sous surveillance électronique pour avoir violemment agressé un médecin de SOS Médecins, un fait survenu le 2 juillet dernier. Cette affaire a provoqué une vive émotion, au point d’entraîner un arrêt de travail collectif des praticiens de l’antenne lilloise.
L’agression, qualifiée de « drame d’une rare violence » par le ministre de la Santé Yannick Neuder sur X (ex-Twitter), a été largement dénoncée. Le médecin visé, âgé de 62 ans, consultait une famille lorsqu’il a été interrompu par Nassim B., 23 ans, et son oncle Zakaria B., 30 ans. Ces derniers souhaitaient obtenir des explications après que la sœur de Nassim, examinée plus tôt pour une gastro-entérite, a évoqué un comportement qu’elle a jugé déplacé de la part du praticien. Elle a d’ailleurs déposé plainte après les faits.
Selon les témoins et la victime, les deux hommes ont fait irruption dans le cabinet en proférant des accusations graves, avant d’en venir aux mains. Le docteur B. a décrit avoir reçu plusieurs coups au visage. Effondré, il confiera plus tard au tribunal ne plus pouvoir exercer, profondément marqué psychologiquement.
Face à la cour, les prévenus ont nié avoir exercé une quelconque violence, évoquant de simples bousculades et un échange verbal musclé. Des versions jugées peu crédibles par le parquet, qui a insisté sur les témoignages et le trouble causé au sein de la profession médicale.
Cette affaire intervient dans un contexte tendu : chaque jour, en France, 65 médecins seraient victimes d’agressions, selon les chiffres du ministère. Une nouvelle loi, adoptée le 25 juin, vise d’ailleurs à alourdir les sanctions en cas de violences envers les soignants.
L’avocat du médecin, Me Damien Legrand, a souligné la portée symbolique de cette attaque : « Le dernier sanctuaire inviolable vient de tomber. » Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, envoyant ainsi un signal fort contre la banalisation des violences envers les professionnels de santé.
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