Deux personnes sont décédées au large de Mayotte ce mardi 15 juillet après le chavirage d’une embarcation de migrants suite à une collision avec une vedette de la police nationale. Une enquête est en cours.

Collision en mer au large de Mayotte : deux morts, 17 survivants
Selon les informations du Parisien, un drame maritime s’est produit tôt ce mardi 15 juillet 2025 au large de la côte ouest de Mayotte, où une embarcation de migrants a chaviré à la suite d’une collision avec une vedette de la police nationale. Le bilan est lourd : deux personnes sont mortes, tandis que 17 autres ont pu être secourues.
Selon un communiqué de la préfecture de Mayotte, l’incident est survenu vers 04h30 locales (03h30 à Paris), lorsqu’un kwasa-kwasa — embarcation artisanale souvent utilisée pour des traversées clandestines depuis les Comores — a refusé d’obtempérer à un contrôle. L’embarcation a alors percuté un intercepteur de la police nationale, ce qui a provoqué son chavirement et jeté les passagers à la mer.
Une enquête ouverte, des circonstances à éclaircir
Une enquête a été ouverte par le procureur de la République afin de déterminer les circonstances exactes de cette collision et les responsabilités éventuelles. Les rescapés ont été pris en charge par les secours présents sur zone.
Le préfet de Mayotte, interrogé par La 1ère, a réagi avec fermeté :
« Ce drame rappelle les risques de l’immigration clandestine, alimentée par des passeurs qui mettent en danger la vie d’hommes, de femmes et d’enfants. »
Il a également condamné ces pratiques avec la plus grande sévérité, rappelant que ces traversées se font dans des conditions extrêmement périlleuses.
Une route migratoire meurtrière entre les Comores et Mayotte
Située à seulement 70 km de l’île comorienne d’Anjouan, Mayotte est confrontée depuis des années à un afflux constant de migrants, souvent transportés sur de frêles barques de bois. Ce bras de mer, considéré comme l’une des routes migratoires les plus dangereuses du monde, a causé des milliers de morts depuis les années 1990.
Un rapport sénatorial de 2012 estimait déjà entre 7 000 et 12 000 le nombre de morts ou disparus lors de ces traversées depuis 1995.
Plus récemment, en novembre 2024, au moins 25 migrants ont péri dans un naufrage au large des Comores. Selon les témoignages de survivants et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), des passeurs auraient délibérément coulé leur bateau, aggravant encore le bilan humain de ces voyages désespérés.
Une tragédie de plus dans une crise migratoire chronique
Ce nouveau drame s’ajoute à une longue série d’accidents tragiques dans cette région, théâtre d’une crise migratoire chronique. Malgré les efforts des autorités pour lutter contre les réseaux de passeurs, les départs se poursuivent, motivés par la pauvreté, l’instabilité et l’espoir d’une vie meilleure.
L’enquête en cours devra permettre de faire la lumière sur les faits et, éventuellement, d’identifier les responsables de ce naufrage, qu’il s’agisse des organisateurs de la traversée ou d’une défaillance lors de l’intervention policière.
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