À Condé-sur-Sarthe, des détenus du QLCO dénoncent fouilles à nu, réveils nocturnes et parloirs refusés. Sept d’entre eux ont saisi la justice en référé liberté.

Prison de haute sécurité de Condé-sur-Sarthe : des détenus du QLCO saisissent la justice pour dénoncer leurs conditions d’incarcération
Au quartier spécialisé dans la lutte contre la criminalité organisée de la maison centrale de Condé-sur-Sarthe, une fronde silencieuse mais déterminée a éclaté. Fouilles à nu répétées, réveils nocturnes, parloirs refusés : dix-sept détenus sur quarante ont entamé une grève symbolique, tandis que sept d’entre eux ont choisi de porter leur combat devant le tribunal administratif de Caen.
Une mobilisation symbolique derrière les barreaux
Au cœur de la maison centrale de Condé-sur-Sarthe, dans l’Orne, le Quartier de Lutte contre la Criminalité Organisée (QLCO) concentre certains des détenus les plus surveillés de France. Ce régime d’exception, voulu par le garde des Sceaux Gérald Darmanin pour couper les narcotrafiquants de leurs réseaux, est désormais au cœur d’une contestation inédite, rapporte France 3.
Dix-sept des quarante personnes incarcérées dans ce quartier ont rendu leur téléviseur et leur réfrigérateur, amorçant une grève de la parole et des déplacements. Un geste fort pour signifier leur refus des conditions qui leur sont imposées au quotidien.
Fouilles intimes, nuits perturbées et familles tenues à distance
Me Charly Salkazanov, avocat spécialisé en droit pénitentiaire, dresse un tableau alarmant de la situation. Selon lui, ses clients subissent une accumulation de mesures sécuritaires : fouilles à nu systématiques et répétées, réveils nocturnes réguliers, et des restrictions sévères sur les appels téléphoniques aux proches, uniquement autorisés en dehors des horaires de promenades.
Les situations rapportées par les familles sont particulièrement éloquentes. Une épouse accompagnée de son jeune enfant s’est vu refuser l’accès au parloir parce que son soutien-gorge déclenchait le portique de sécurité. Alors qu’elle proposait de le retirer et d’accepter une palpation de sécurité, l’administration a maintenu son refus. Un autre visiteur, une personne âgée, a été recalé pour une minute de retard. Certaines familles parcourent pourtant jusqu’à 700 kilomètres pour ces visites.
Sept détenus choisissent la voie judiciaire
Face à ces conditions jugées attentatoires à leurs droits fondamentaux, sept détenus ont décidé de franchir un cap supplémentaire en saisissant le juge des référés du tribunal administratif de Caen via une requête en référé liberté. Leur dossier s’appuie sur des témoignages précis et circonstanciés, complétés par les déclarations de leurs proches.
Leurs demandes sont concrètes : le rétablissement d’horaires de parloirs et de créneaux téléphoniques permettant de maintenir des liens familiaux réels, et la fin des situations où un détenu doit choisir entre promenade, appel téléphonique ou consultation médicale.
L’administration assume et invoque la loi
Interrogée sur ces recours et sur la grève en cours, la direction du centre pénitentiaire d’Alençon-Condé-sur-Sarthe ne remet pas en cause ces pratiques. Elle les présente comme la stricte application de la doctrine propre aux établissements de haute sécurité : « Les fouilles intégrales systématiques, les échanges via des parloirs hygiaphones, la restriction des appels téléphoniques en dehors des horaires de promenades ne sont que l’application des textes votés par les parlementaires. C’est la loi. »
Concernant la diversité des profils présents au QLCO, l’administration reconnaît l’hétérogénéité mais renvoie la responsabilité des affectations à des critères validés par des magistrats et le ministre de la Justice.
Une logique de remplissage dénoncée par la défense
Me Salkazanov pointe une autre problématique : la grande disparité des profils incarcérés au sein du QLCO. On y trouve des prévenus en détention provisoire, donc présumés innocents, côtoyant des condamnés, voire des détenus en fin de peine. Pour l’avocat, placer ces derniers dans l’établissement le plus restrictif de France — où les activités de réinsertion sont quasi inexistantes — relève d’une « logique de remplissage » sans cohérence judiciaire.
Il soulève également un paradoxe sécuritaire : en regroupant dans un même lieu des individus qui n’entretenaient aucun lien préalable et étaient jusqu’alors dispersés dans différents établissements du territoire, l’administration contribuerait à créer de nouveaux réseaux là où il n’en existait pas.
Ce que Mohamed Amra avait déjà dénoncé
Ce n’est pas la première fois que le QLCO de Condé-sur-Sarthe est sous le feu des critiques. Fin mars 2025, Mohamed Amra, incarcéré dans cet établissement, avait lui aussi alerté sur ses conditions de détention, évoquant des violences de la part de surveillants pénitentiaires. Son avocat avait alors signalé que son client portait un plâtre et que l’administration pénitentiaire lui avait refusé l’usage de béquilles, jugeant celles-ci susceptibles de servir d’arme. L’administration avait contesté ces accusations.
Le QLCO, pièce maîtresse de la politique anti narcotrafic
Le 6 mars 2025, Gérald Darmanin avait officiellement annoncé la création des premières prisons de haute sécurité françaises, désignant Condé-sur-Sarthe et Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) pour accueillir les deux cents narcotrafiquants les plus influents du pays. L’objectif affiché : les isoler totalement de leurs réseaux criminels. Cette décision s’inscrivait dans les orientations fixées par le ministre dès le 23 janvier 2025, dans le cadre du plan national de lutte contre le narcotrafic.
Me Salkazanov attend désormais la fixation d’une audience devant le juge des référés du tribunal administratif de Caen. Une décision qui pourrait constituer un premier test judiciaire majeur pour ce dispositif carcéral inédit.
(Merci Rudy van Cappellen)
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C’est pas le club med et en plus ils sont logés nourris à nos frais et impôts qu’ils aillent aux États-Unis 🇺🇸 ça sera moins drôle et ils risquerait qu’ils se fassent tabasser
Il faut rétablir le bagne a Cayenne cela les calmera